02.05.2008
[FULCANELLI] Les Initiés inconnus gouvernent seuls
À l'heure sonnée des révélations de toutes sortes, entre souffle et mercure, un nombre important d'auteurs, en moins de soixante-quinze ans, ont tous - sans aucun doute - dans divers écrits biographiques, révélé la véritable identité de Fulcanelli. Portraits de personnalités en silhouettes, faits de nombreuses suppositions énigmatiques et de thèses fortement controversées…
De ces personnages dépeints en pleine lumière, jamais identiques, tous avancés contre leur gré sur le devant de la scène, on ne compte à ce jour pas moins de douze propositions fulcanelliennes toutes différentes et aussi singulières pour l'alchimiste auteur du Mystère des Cathédrales que : Jean-Julien Champagne, René Schwaller de Lubicz, Pierre Dujols, Eugène Canseliet, François Jollivet-Castelot, Pierre de Lesseps, Alexis de Sarachaga, un collectif d'auteurs et d'opératifs, ou plus récemment encore : Camille Flammarion, Alphonse Jobert, Jules Violle…
Quel est donc alors « le véritable Fulcanelli » dans cette cohorte de biographies prétendues ? Le grand mérite du présent livre de Jean Artero , fin connaisseur de l'Histoire occulte de la Belle Époque est, pour tout dire et pour la première fois, de ne surtout pas révéler cette identité ; mais de parfaitement discerner ici en quoi les thèses évoquées jusqu'à présent s'éloignent d'une vérité biographique authentique. C'est en cela que cet ouvrage puissant fera date. Le « qui est Fulcanelli ? » n'est pas pour Jean Artero le socle de référence de cette étude érudite. Pour passer au plus près de l'incarnation flamboyante, c'est bien plutôt dans le « qui n'est pas Fulcanelli ? » que réside la véritable analyse de cette équation biographique…
Un livre étonnant où l'on trouvera une réflexion fouillée et argumentée sur les raisons du rayonnement exceptionnel et croissant, à l'étranger comme dans notre pays, de l'alchimiste Fulcanelli, cet homme brillant et hors du commun ainsi que les arguments qui président encore à la pérennité d'une œuvre toujours plus vivante. Cet ouvrage diffère donc très largement de tous les livres qui ont déjà été consacrés au parcours personnel de Fulcanelli et qui se sont généralement cantonné à la résolution de l'énigme de l'identité de cet Adepte, resté parfaitement anonyme…
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13.08.2006
FINIS GLORIA MUNDI
[d'après G. Dubois et diverses sources).
"Finis Gloria Mundi" passe pour être le troisième ouvrage de Fulcanelli, inédit. Il fut au centre de polémiques diverses.
En son temps, l'alchimiste contemporain Henri Coton fut introduit le milieu des salons littéraires et particulièrement celui de Nathalie Clifford-Barnet. Il fréquenta aussi ceux de la Côte d'Azur à Saint-Paul de Vence et à Nice, où se côtoyaient artistes et aristocrates qui se réunissaient dans la villa Stella du comte Maurice Prozor, ministre du Tsar et traducteur d'Ibsen. Les Prozor connaissaient très bien Milosz ; leur fille Greta monta en 1927 sa pièce Don Miguel de Manara.
Or "Finis Gloriae Mundi", est aussi le titre du tableau de Juan de Valdès Léal, conservé à l’hôpital de la Sainte Charité -Santa Caridad -de Séville. Ce panneau, de 240 x 238, date de 1672 et fut exécuté à la commande de Miguel de Manara dit Don Juan.
En voici la description. Au premier plan, en bas, repose un évêque finissant de se décomposer au fond de son cercueil ouvert et en mauvais état. Contre cette bière et en tête-bêche, un chevalier qui, d’après Eugène Canseliet, serait de l’ordre de Calatrava, repose lui aussi mais son teint nie la mort et ses yeux semblent ouverts. Tout le monde s’accorde pour reconnaître en ce deuxième personnage Don Juan lui-même.
Le centre de la composition est occupé par une balance, les plateaux en juste équilibre - celui de gauche porte l’inscription nimas et divers animaux, celui de droite nimenos et divers attributs religieux. La balance est maintenue par une main hissant des nues. En cette main, Eugène Canseliet devine une femme et non le Christ, cela malgré la marque du clou de la Passion que l’on peut y voir ; nous sommes aussi de son avis. A gauche, près du soupirail, se tient une chouette ; en arrière-plan, des ossements entassés et soulignant toute l’œuvre, l’inscription : FINIS GLORIAE MUNDI en phylactère.
Ainsi, le pouvoir temporel et ses jouissances opposés au pouvoir religieux sont de même poids - ni mas, ni menos - ni plus ni moins, car la sagesse que représente la chouette ne participe pas à la pesée. Et, dit-on plus communément, le pouvoir religieux et le pouvoir laïc se retrouvent égaux dans la mort.
Mais Greta Prozor ne fut pas la seule que Don Juan inspira dans l'entourage de Fulcanelli. En septembre-octobre 1912, O.V. de Lubisz-Milosz publia "Miguel Mañara" dans les numéros 45 et 46 de la Nouvelle Revue Française et de Chefs-d’oeuvre Lyriques du Nord, traductions de l’allemand et de l’anglais, aux Editions Figuière.
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