08.01.2007

PHILIPON (René)

medium__Philippon_Rene_1917-12.jpgRené PHILIPON (1870 – 1936), comte, Grand Officier de l'ordre Équestre du Saint Sépulcre, Vice Président de la Province de France.

Compagnon de Papus, éditeur de la Bibliothèque Rosicrucienne de Henri Chacornac (1855 – 1907), collaborateur de la Revue « L’Initiation » (1895) sous le pseudonyme de Jean Tabris.

Rentier, il tient de son père entrepreneur une belle fortune. Il habite le château tout neuf de Vertcoeur à Saint-Lambert-de-Chevreuse.

Marié à Pauline Dalmas de Lapérouse (1878-1921), il partage son temps entre Vertcoeur et la « Villa Latif » à Nice, où il correspond régulièrement avec Henri Chacornac.

La Bibliothèque Rosicrucienne comporta douze titres publiés entre 1897 et 1901 sous l’égide de l’Ordre de Misraïm dont faisait partie Philipon. Il signait un certain nombre de notices ou d’avant-propos par « Un Chevalier Rose-Croix » ou « Un Chevalier de la Rose Croissante  ».

En 1902, il rencontre un prêtre sur la Riviéra et annonce à Chacornac son désir de ne pas poursuivre la « Bibliothèque Rosicrucienne ». Il poursuit avec l’éditeur une correpondance nourrie jusqu’en 1906. Son épouse décède en 1921. Le 11 février 1923, P. Chacornac reçoit de Philipon une carte de visite frappée en haut à gauche d’une croix surmontant le mot « Pax ».

René Philipon décède en 1936

Commentaires

Il me paraît singulièrement intéressant que RP se soit lui même attribué le titre de chavalier rose-croix ou de la rose croissante.

Il aurait aussi bien pu utiliser le terme de rosée croissante qui selon le frère du grand Corneille et Fulcanelli est aussi usité et naturellement au-delà du "rose-croix" désigne un alchimiste.

Écrit par : archer | 09.01.2007

Merci Archer, pour votre intervention...

La Rose+Croix était très à la mode, à cette époque, dans les milieux fréquentés par R. Philipon (l'OKRC de Guaïta, la R+C de Péladan, etc...).

Je ne pense pas que "Jean Tabris" ait oeuvré au fourneau. Sa "carrière" d'ésotériste a en effet été très brève (v.1895 - 1902)... 7 ans ! Comme Sédir, Philipon a "viré" sa cutie en faisant évoluer sa spiritualité vers un catholicisme beaucoup plus classique, puisque sa noblesse est... vaticane, d'ailleurs comme celle de Saint-Yves d'Alveydre dont le marquisat avait été acheté grâce à la fortune de sa femme.

Nous sommes quand même en pleine Belle Epoque, dans un milieu littéraire par certains côtés très révolutionnaire et avant-gardiste (les "Décadents" issus des Symbolistes, qui donnèrent naissance aux Dadaïstes et finalement aux Suuréalistes...).

Mais en même temps ce milieu est souvent composé de rentiers (Guaïta, Saint Yves, Philipon...) ou de fonctionnaires "ronds-de-cuir" désoeuvrés (Maupassant, Albert Faucheux), souvent friands d'une aristocratie réelle parfois achetée... au Vatican !

Écrit par : Mulciber | 14.01.2007

René Philipon n'a jamais été l'auteur de la Notice, parue en introduction au Traité de la réintégration de Martinez de Pasquallys, dans la Bibliothèque ésotérique chez Chacornac, ni de la nouvelle Notice sur le martinisme et le martinésisme, paru toujours dans la Bibliothèque ésotérique chez Chacornac en 1899 à la suite d'un écrit de Franz van Baader Les enseignements secrets de Martinez de Pasqually, traduits par R. Philipon.

Cette affirmation, je la tiens de Robert Amadou dans l'introduction (p. 9) à Mon Portrait historique et philosophique de LC de Saint-Martin qui cite Albéric Thomas dans la revue l'Acacia, 1907, pp. 215-219, sous le titre "Toujours Papus". Voici le texte de R. Amadou :

« Or cette Nouvelle notice est signée du pseudonyme "Un chevalier de la Rose-Croissante" et ce pseudonyme a excité la curiosité des érudits. On a jugé qu'il dissimulait soit Albéric Thomas, soit René Philippon lui-même (note 16). La querelle était vaine, car j'ai trouvé une déclaration de Thomas, revendiquant la responsabilité de la Nouvelle notice et protestant explicitement contre son attribution à Philippon (note 17). Il n'en reste pas moins que l'ouvrage où fut publié la Nouvelle notice appartient à une collection - la "Bibliothèque rosicrucienne" - que dirigeait et finançait René Philippon (note 18), sous les auspices de l' "Ordre de Misraïm" dont Philippon lui-même et Albéric Thomas étaient alors les patrons. Si le premier n'est pas l'auteur de la notice, il collabora certainement avec Thomas (note 19), et cette collaboration explique l'erreur de ceux qui l'ont pris à tort pour le "Chevalier de la Rose-Croissante" ».

Écrit par : JL | 07.02.2007

Merci JL pour votre précision : dont acte et rendons à César...

Écrit par : Mulciber | 08.02.2007

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