31.07.2007

JEAN DORSENNE

75861f64235134517eab57c90ca11aac.jpgMembre de la Fraternité des Polaires, Jean Dorsenne, de son nom civil Etienne Troufléau, naît à Constantine (Algérie) en 1892. En 1921, il devient secrétaire de rédaction au "Journal des débats".
Pendant l'entre-deux guerres, plusieurs séjours en Indochine et en Océanie lui inspirent de nombreux romans. Le cycle indochinois de Jean Dorsenne est dominé par la personnalité de Mayrena, roi des Sédangs dans son livre "Un boulevardier, roi des sauvages" (1937) qui inspirera André Malraux pour "La Voie Royale". Il dénoncera la montée du communisme doublée d'un mouvement nationaliste et marxiste dans une nouvelle "Les Amants de Hué" parue dans "la Revue des 2 Mondes".
Arrêté par la Gestapo en février 1942 pour faits de résistance, il est emprisonné à la prison de la Santé puis il est déporté au camp de Buchenwald. Les conditions de sa mort sont incertaines, soit assassiné par un S.S. soit des suites d'une pneumonie. Il meurt vraisemblablement à l'hôpital de Zwielege en 1944.

30.07.2007

FUDOSI

F.U.D.O.S.I.

Organisation affiliées :

1. ORDRE DE LA ROSE+CROIX UNIVERSELLE (Sar Hieronymus)
2. ORDRE DE LA ROSE+CROIX UNIVERSITAIRE (Sar Hieronymus, Sar Elgrim)
3. ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE+CROIX (Sar Yesir representing Lucien Mauchel)
4. CONFRERIE DES FRERES ILLUMINES DE LA ROSE+CROIX (Sar Amertis)
5. A.M.O.R.C. U.S.A. (Sar Alden, Sar Emmanuel, Sar Iohannes)
6. MILITIA CRUCIFERA EVANGELICA (Sar Alden)
7. ORDRE ANCIEN ET MYSTIQUE DE LA ROSE+CROIX AMORC-Switzerland (Sar Amertis representing sar Alkmaion)
8. SOCIETE ALCHIMIQUE DE FRANCE (Sar Amertis)
9. ORDRE DES SAMARITAINS INCONNUS (Sar Amertis)
10. ORDRE HERMETISTE TETRAMEGISTE ET MYSTIQUE or ORDRE PYTHAGORICIEN (Sar Succus, Sar Helios)
11. ORDRE MARTINISTE ET SYNARCHIQUE (Sar Yesir)
12. FRATERNITE DES POLAIRES (Sar Yesir)
13. ORDRE MACONNIQUE ORIENTAL DE MEMPHIS-MIZRAIM STRICTE OBSERVANCE (Sar Iohannes, Sar Ludovicus)
14. CO-MASONIC ORDER OF MEMPHIS-MIZRAIM (Sar Laya, Sar Fulgur)
15. L'EGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE (Tau Targelius=Victor Blanchard)
16. SOCIÉTÉ d'ETUDES ET DE RECHERCHES TEMPLIÉRES (Sar Gregorius)
17. SOCIÉTÉ d'ETUDES MARTINISTES (founded by Sar Lilium)
18. UNION SYNARCHIQUE DE POLOGNE (Dr. Tarlo Mazinski )
19. ORDRE MARTINIST TRADITIONNEL (Sar Augustinus)
20. ORDER OF THE LILY & THE EAGLE (Sar Lilium)

Dignitaires
1. SAR HIERONYMUS, Emile Dantinne - Belgium. Imperator .
2. SAR ELGRIM, Jean Mallinger - Belgium. Secretary (Imperator of the '51 Convention*)
3. SAR ALDEN, Harvey Spencer Lewis - U.S.A. Imperator 1934-1939(+)
4. SAR VALIDIVAR, Ralph Maxwell Lewis - U.S.A. Imperator 1939-1951
5. SAR IOHANNES, Hans Grueter - France
6. SAR PURITIA, Jeanne Guesdon - France
7. SAR EMMANUEL, Many Cihlar - Austria
8. SAR YESIR, Victor Blanchard - France. Imperator 1934-1939
9. SAR ARTEMIS, August Reichel - Switzerland. Left in 1935, he later joined Chevillon and Clymer's F.U.D.O.F.S.I. (together with Raoul Fructus, member of the "Sovereign Coucil" of the M.'.M.'. on the '34 Convention, Fructus died in '45 as a victim of the Nazi-occupation)
10. SAR ALKMAION, Edouard Bertholet - Switzerland
11. OR-ZAM PHANAR, Armand Rombauts - Belgium
12. SAR SUCCUS, Francois Soetewey - Belgium
13. SAR HELIOS, Marc Lanval
14. SAR LUDOVICUS, Colonel Fitau, Consul of Chile, 'died in 1939
15. SAR LAYA
16. SAR FULGUR, Maurice De Seck - Austria
17. SAR GREGORIUS, André Cordonnier - France. Assistant-Imperator on the '46 Convention
18. SAR NITRAM, Lydie Martin - France
19. SAR AGNI, Leon Lelarge - Belgium. Secretary of Emile Dantinne.
20. (MIKAEL) SAR EQUES ROSAE CARITAS, Georges de Lagréze - France
21. SAR PASCAL, Fr. Hutin , died in 1945 (victim of the Nazi-occupation)
22. SAR IGNIS, Nico Wolff - Belgium, died in 1943 (victim of the Nazi-occupation)
23. SAR LAMPAS, Belgium
24. SAR LILIUM, Eugène Dupré - France - 'died in a bombing-raid in 1944
25. SAR APPOLONIUS, Rochat de L'Abbaye - France
26. SAR AUGUSTINUS, Augustin Chaboseau - France. Imperator 1939-1946
27. GALAAD, Jean Chaboseau - France. Son of A.Chaboseau, left in 1947 after he tried to disband the Martinist Supreme Counsil
28. SAR RENATUS, René Rossart - Belgium
29. SAR LEUKOS, U.S.A. President of the "Council of Regency"
30. SAR KRYPTOS, George Delaive - Belgium
31. SAR PHALGOS, Jules Boucher - France
32. SAR PLACIDUS, Frater Coops - the Netherlands
33. SAR SAPIENS, Lucien Francois
34. SAR IGNIFER , Jules Boucher
and SAR AKHNATON, SAR ESSENIUS, , SAR MARE [SAR MARNES], SAR SIGNUM, SAR VIATO, SAR AM-ON-RA, SAR EMILIUS ...

29.07.2007

LYDIE BASTIEN

5ed56a7b746f21d0e6539fbb2dc1299f.gifUne Mata-Hari occultiste : c'est elle qui a fait arrêter Jean Moulin !

Elle s'appelait Lydie Bastien. Devenue en 1943 la maîtresse de René Hardy, elle fut à l'origine de la trahison fatale au chef de la Résistance. Le journaliste Pierre Péan élucide un mystère vieux de cinquante ans.

C'était l' «énigme de Caluire», le «mystère de la chambre jaune» de l'histoire de la Résistance: qui a trahi Jean Moulin? Depuis cinquante ans, cette question ne cesse d'alimenter des polémiques plus ou moins sérieuses, la volonté de comprendre et de rendre justice au héros martyr se mêlant à la fascination pour le mystère entourant ce fait divers parfait - unité de temps et de lieu - où se sont croisées la petite et la grande histoire.

Ce 21 juin 1943 se réunissent dans la proche banlieue lyonnaise quelques cadres militaires de la résistance de zone Sud. Ils répondent à la convocation urgente de Jean Moulin après l'arrestation à Paris par les Allemands du général Delestraint, responsable de l'Armée secrète. Sous la conduite de Klaus Barbie, les hommes de la Gestapo font irruption et arrêtent le chef du tout récent Conseil national de la Résistance et six de ses camarades. René Hardy, qui représente le mouvement Combat, bien qu'il n'ait pas été convoqué, est le seul à prendre la fuite, dans des conditions telles qu'il sera immédiatement accusé du désastre, mais acquitté, faute de preuves, lors de son procès, en janvier 1947. Roger Wybot, patron de la DST, découvrira peu après que Hardy a menti à la justice et à ses camarades: il avait été arrêté par Barbie puis relâché quelques jours avant Caluire! René Hardy affronte donc un second procès en mai 1950, mais obtient à nouveau l'acquittement au bénéfice du doute. Avec un tel suspect blanchi deux fois par la justice, l' «affaire de Caluire» n'a cessé, dès lors, de s'amplifier, au travers d'articles, de procès et de livres dont la volonté de dénigrer l'épopée résistante n'était pas toujours absente.

L'énigme est enfin levée aujourd'hui grâce à Pierre Péan: René Hardy est bien au cœur de la trahison, mais pas comme acteur principal. Il fut un jouet aux mains d'une femme - Lydie Bastien, sa maîtresse d'alors - à laquelle il était pitoyablement soumis et qui, elle, travaillait pour les Allemands! Elle est responsable non seulement de l'arrestation de Jean Moulin, mais aussi de celle du général Delestraint: les deux patrons - politique et militaire - de la Résistance intérieure doivent donc tous deux leur chute, à quelques jours d'intervalle, à une beauté de 20 ans, jamais inquiétée et morte récemment à Paris, en 1994.

Après la sortie, à la fin de l'année dernière, de sa biographie Vies et morts de Jean Moulin, dans laquelle il s'interrogeait sur le rôle exact de ce personnage mystérieux, Pierre Péan fut contacté par Victor Conté, l'exécuteur testamentaire de Lydie Bastien : elle l'avait chargé de faire savoir, après sa mort, la vérité sur son rôle, à condition de trouver de «bonnes oreilles». A partir des confidences recueillies par Victor Conté, Pierre Péan a entrepris une enquête sur la vie de cette femme fascinante, dénuée de toute morale, et qu'il a, s'efforçant de rester poli, baptisée «la Diabolique de Caluire».

Selon ces aveux d'outre-tombe, Lydie Bastien était en fait l'amante de Harry Stengritt, adjoint de Klaus Barbie et responsable à Lyon de la collecte des renseignements auprès de sources françaises. Chargée de séduire René Hardy, personnage important de l'Armée secrète en tant que patron de Résistance-Fer, elle l'aborde dans un café où il a ses habitudes et parvient à ses fins avec une rapidité foudroyante. Le résistant succombe au point de déraisonner: en violation de toutes les consignes de sécurité, il met Lydie Bastien dans le secret de ses activités moins de dix jours après leur rencontre! Elle apprend rapidement l'existence de «Max», ainsi que les violents conflits qui l'opposent au mouvement Combat d'Henri Frenay. Elle récupère le message du rendez-vous avec le général Delestraint, qu'elle transmet à Barbie, et organise le voyage au cours duquel René Hardy sera secrètement arrêté puis relâché après avoir accepté le marché proposé par Barbie.

Lydie Bastien sera grassement payée en bijoux par Barbie pour sa réussite. Elle semble n'avoir jamais agi que par intérêt, comme l'atteste le récit de sa vie reconstituée par Pierre Péan. Elle s'investit dans le truquage des deux procès de René Hardy, non par affection pour l'ancien résistant, qu'elle a laissé tomber depuis longtemps - elle a même monnayé à la presse à scandale les lettres d'amour qu'il lui avait envoyées! - mais parce que leurs sorts sont liés.

Sa jeunesse durant - elle n'a que 22 ans en 1945 - elle passera d'un homme à l'autre, avec un penchant exclusif pour les riches ou les influents. Parmi eux, Ernest de Gengenbach, prêtre défroqué devenu écrivain surréaliste, a satisfait tous ses caprices, l'introduisant dans les milieux littéraires parisiens et convainquant même Olivier Messiaen de donner un récital uniquement pour elle. Il livrera son expérience d'amant torturé par cette «luciférienne» dans un livre, L'Expérience démoniaque, publié en 1949 aux Editions de Minuit. Il y décrit une «beauté fatale» cachant une «âme onduleuse et glaciale de reptile», passionnée d'occultisme, de spiritisme, abjurant dans le blasphème et un nietzschéisme de série B un passage douloureux dans un pensionnat religieux. Elle dit vouloir se «libérer du joug du Bien et du Mal»: «Les hommes ne sont que des pions d'échiquier, marionnettes à manœuvrer.»

Sa collection de «marionnettes» sera très éclectique. Un riche magnat - qu'elle appelait «le vieux» - arrêté pour collaboration économique. Un escroc pour esprits crédules, Maha Chohan, chef de la Fraternité blanche universelle, qui se prétend descendant de Gengis Khan et prince de l'Agartha, royaume souterrain du Tibet. Accusé d'être un «imposteur», le mage sera interdit de séjour en France en 1950 et la police le soupçonne d'être un ancien nazi passé au service de l'Est. Puis Samuel Ogus, richissime homme d'affaires qui fait de l'import- export avec les pays de l'Est, très lié aux milieux financiers du PCF. Il se suicidera en 1955. Lydie Bastien part alors pour Bombay, où elle se fiance à un maharaja et crée le Conseil international pour la recherche sur la nature de l'homme, dont elle parvient à faire inaugurer le centre new-yorkais par Eleanor Roosevelt. Installée ensuite aux Etats-Unis, elle signe, sous le nom d'Ananda Devi, des articles sur l'hypnotisme et le yoga, thèmes qui la rapprochent d'Aldous Huxley, avec lequel elle travaille sur les «expériences de la conscience». A la suite d'une affaire ennuyeuse - l'un des paumés qui l'entourent se jette par sa fenêtre - elle revient à Paris, où elle fonde le Centre culturel de l'Inde, sous le patronage d'André Maurois. Mais elle ajoute à son hobby de prêtresse pour illuminés des activités plus concrètes: un bar-discothèque à Montparnasse, Le Boucanier, qui lui sert surtout de lieu de rendez-vous pour sa nouvelle spécialité occulte: «intermédiaire» pour affaires en tout genre en Afrique. Elle a créé à cette fin la Panafrican Trade and Investment Corporation (Patic), basée à Monrovia: une officine de corruption pour obtenir des marchés en faveur d'entreprises occidentales.

[Elle est morte à Paris, jamais inquiétée, en 1994…]

 

© Eric Conan (L'Express du 03/06/1999 )

 

ERNEST (de) GENGENBACH

Ignorant tout de Murnau, nous étions les admirateurs inconditionnels de son Nosferatu. Le film avait depuis longtemps disparu des programmes. Ce fut un événement (en 1928 ou 1929) lorsque « Le carillon », en ayant retrouvé une copie, la fit contretyper (j’appris alors ce mot technique). Tout le groupe surréaliste s’y rendit en grande cérémonie. Et j’ai gardé surtout le souvenir de l’abbé (défroqué), Jean Genbach(1903-1979), qui s’y rendit en smoking, avec un nœud papillon violet, une bague d’améthyste au doigt, une cape noire doublée d’amarante, se rendant au fond d’une automobile laquée noire, à cette reprise de Nosferatu, comme un anti-évêque, ou un anti-pape, allant célébrer quelque messe noire. Pendant quelques semaines, nous nous sommes répété, comme une expression pure de la beauté convulsive, ce sous-titre français (sans doute ignoré de Murnau) : « Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre ».

Georges Sadoul « Souvenir d’un témoin », Etudes cinématographiques,
N° 38-39 « Surréalisme et cinéma », 1er trim. 1965, pp. 10-13.

LA PAPESSE DU DIABLE

" Excellent exemple de l'érotisme surréaliste d'avant-guerre, La Papesse du Diable (1931) semble dû à la collaboration d'Ernest Gengenbach et de Robert Desnos. " (Alexandrian.) Il est vraisemblable que Renée Dunan y ait.. mis la main...

On y assiste à l'entrée dans Paris de la " Maîtresse de l'Asie, l'Archimagesse maintenant Reine du Monde ", à la tête de ses hordes qui viennent de conquérir l'Europe. Thème cher aux surréalistes, la grande prêtresse du Diable est en fait Isis, la femme, la mystérieuse, l'archétypale.Paris est bouleversé ; les rues sont débaptisées ; victoire du Mal absolu sur les forces bénéfiques : le Grand Androgyne trône à Notre-Dame ; le pape prisonnier est crucifié sur la tour Eiffel. Tout se termine par la fin du monde et dans une dernière " orgie sacrée " générale : " Un désir lascif entrouvrait les genoux des femmes, les yeux des hommes brillaient. Partout des pleurs, des râles, des écroulements de tableaux et d'objets culturels, des crispements de soies. Des chiens venus on ne sait d'où, couvraient les femmes en haletant. Un adolescent, les bras en croix, gémissait lentement, à demi-étouffé sous quatre femmes. Trois hommes dans un coin s'étreignaient en miaulant comme filles enlacées se tordaient sur un divan... "

 Typique de la littérature vendue sous le manteau dans les années 1930, La Papesse du diable est un "roman de mystère, de magie et d'amour" qui décrit la destruction de la civilisation occidentale par une sublime Archimagesse babylonienne. C'est une apocalypse saphique et orgiaque menée tambour battant sur l'air du Péril jaune.

Le livre doit sa réédition à une présomption : Robert Desnos aurait écrit l'opus avec le fantasque Ernest Gengenbach (Jean Genbach dit, 1903-1973 (ou 1979 ?)), l'auteur de Satan à Paris (1927).

Jean José Marchand a pourtant montré en 1998 lors du colloque consacré aux Ratés de la littérature que le pseudonyme de Pierre de Ruynes, "satyre lyrique", ne masque pas Desnos mais un certain Pierre Renaud (1894-1965), romancier populaire et poète oublié. L'autorité de Gengenbach elle-même est incertaine : la très "coquine" Renée Dunan aurait mis la main à la pâte. Qu'importe, cette Papesse ne manque pas d'allure.

LA PAPESSE DU DIABLE
JEHAN SYLVIUS ET PIERRE DE RUYNES
Ombres- 118 pages

(C) Le Matricule des Anges 

28.07.2007

GRILLOT DE GIVRY

Souvenir de mon père

par

Jean-Raphaël Grillot de Givry

 

ff58bb91f672e773cb4359268fad7feb.jpg Mon père, [Emile, Jules] Grillot de Givry naquit à Paris le 5 août 1874. Il était d'une ancienne famille bourguignonne. Parmi ses ancêtres il faut citer Anne d'Anglure de Givry qui fut un poète du XVle siècle, un Cardinal de Givry, évêque de Langres, Jacques-Gabriel Grillot, abbé de Pontigny au XVllle siècle, etc... Il avait en outre une arrière-grand'mère hindoue, épousée dans l'un des comptoirs français de l'Inde par un aïeul qui y résida quelques années.

Grillot de Givry fit ses études au Collège Rollin et chez les Frères de Passy. Il travailla aussi l'harmonie au Conservatoire.

A partir de 18 ans il s'intéressa aux sciences occultes et fréquenta les sociétés existant à cette époque. Il fut en rapport avec Peladan, René Philipon et d'autres Hermétistes. Il eut également une correspondance avec J. K. Huysmans.

Grillot de Givry était très musicien, pianiste et organiste. Il composa quelques pièces pour piano, et écrivit dans la Petite Maîtriseun petit Traité de fugue et de contrepoint. Il harmonisa en 1918 plusieurs cantiques populaires de Noël publiés dans un recueil édité par la Librairie de l'Art Catholique qui fut à l'avant-garde de l'art religieux moderne, réagissant contre le style ultra-poncif dit « Saint-Sulpice » diffusé à profusion dans les églises et chapelles d'avant 1914. Afin de rendre à ces cantiques fort connus la majesté et le ton liturgique qui leur convenait il en rénova l'accompagnement, jusqu'alors assez vulgaire, utilisé par les « dames de bonne volonté » mais sans culture musicale qui tenaient les harmoniums pour soutenir les voix braillardes des enfants des catéchismes.

Vers la même époque il collabora aux Éditions Piazza, éditeur de goût qui publia les premiers livres de grand luxe de notre siècle. Il y fut directeur artistique. En 1920, il travailla aux Éditions du Masque d'Or, chez Dewambez. D'ailleurs il s'occupa d'édition toute sa vie.

Connaissant plusieurs langues et grand latiniste, ce qui lui servit à faire de nombreuses traductions d'opvrages d'occultisme, il fit,, très jeune, en Europe, quelques voyages de documentation qui le menèrent entre autres lieux initiatiques ou mystiques à Santiago de Compostela, à Rome, Canterbury, Lourdes, Nevers, Autun et Paray-le-Monial, en Angleterre et en Allemagne où il retourna plusieurs fois de 1924 à 1928. Il fit un séjour de plusieurs mois à Mâcon, un peu avant son mariage ; sorte de retraite qui lui permit de mûrir dans une tranquillité quasi-monacale les projets qu'il avait en tête pour ses travaux futurs. De plus cette ville était bien placée comme centre d'étude pour son deuxième ouvrage sur les Villes Initiatiques, Paray-le-Monial, qui malheureusement ne fut jamais achevé.

Il eut un grand nombre d'activités très variées qui illustreront pour ceux qui ne l'ont pas fréquenté la diversité et l'universalité de ses connaissances et son caractère avide de tout connaître par lui-même, par des expériences personnelles plutôt que de se conten­ter d'une acquisition théorique purement livresque. Mon père ne dédaignait pas certains travaux manuels ; il avait construit de ses mains les rayons de son immense bibliothèque riche de plus de 5000 volumes en majorité consacrés à l'occultisme et qui comprenait quelques incunables rares.

Curieux de nombreuses sciences et arts il s'intéressait»aussi bien à l'électricité dont il avait lui-même monté tout l'aménage­ment dans notre appartement dans le 'temps où cet éclairage commençait seulement à paraître dans les installations domes­tiques, qu'à la photographie au début du xxe siècle dont il dévelop­pait et tirait lui-même ses clichés et ses épreuves. Il parlait sou­vent de l'ameublement ancien, sujet sur lequel il avait amassé un grand nombre de notes ainsi que sur l'architecture. Il avait dessiné des modèles de lampes gothiques et de; ferrures qu'il avait fait exécuter en fer forgé.

M^ Expert en autographes, il en possédait quelques-uns, générale­ment de contemporains mais aussi certains plus anciens et même quelques parchemins. Il fut d'ailleurs conseiller chez un libraire spécialisé dans la vente d'autographes.

Il fit. quelques remplacements d'organistes dans diverses églises de Paris où il tint les grandes orgues notamment à Saint-Eustache.

Très attiré par les différentes liturgies, mon père suivait les cérémonies variées de toutes les églises de Paris, particulièrement celles offrant des variantes de rites qui lui permettaient l'étude de l'archéologie liturgique et, tout enfant d'abord, puis pendant de nombreuses années, j'assistai moi-même avec lui aux fastes des offices de l'église grecque de Saint-Julien-le-Pauvre, de l'église grecque orthodoxe de la rue Georges-Bizet, de la Cathédrale russe de la rue Daru, de l'église Anglicane, des Bénédictins de la rue de la Source, de la Cathédrale américaine, des églises syrienne,. arménienne, roumaine et autres, tant d'obédiences orthodoxe que romaine. Et il m'emmena également à Saint-Sulpice, à Notre-Dame, à Saint-Pierre-de-Montmartre ou à Saint-Germain-des-Près, où il m'expliquait les particularités de rite inhérentes à cha­cune de ces paroisses.

Bien entendu il passait de longues heures à la Bibliothèque Nationale et dans quelques" autres, spécialement la Bibliothèque de l'Arsenal où il se documenta surtout pour une partie de l'icono­graphie du « Musée des Sorciers ».

Il donnait des leçons de musique, de français et de langues vivantes.

Mon père s'intéressa beaucoup à l'art sous toutes ses formes et si, dans la première partie de son oeuvre, avant 1918, il fut un écrivain convaincu de la laideur artistique de son époque, par rapport aux oeuvres sublimes du passé (Antiquité, Moyen Age et même Renaissance quoique avec quelques réserves pour cette dernière époque) ; si, à la manière de Huysmans, il critiquait le mau­vais goût qui dura près d'un siècle et donna à l'art occidental l'époque « Louis Philippe », « l'Ère Victorienne », le Style « Mu­nichois » et le « Modern'Style » aussi affreux dans son orthographe que dans ses méandres de plantes maladives, il préconisait dans des causeries intimes avec des amis érudits des novations qu'il ne créa pas lui-même, mais qui lui faisaient pressentir une réforme dans l'art qui se manifesta après la première guerre mondiale.

J'ai encore souvenance de ces réceptions chez nous les mercredis où jusqu'en 1914 affluaient toujours une douzaine d'amis parmi lesquels des intellectuels, des médecins, des musiciens, des peintres et des occultistes. On parlait, on jouait du Debussy, du Wagner, du Palestrina ou du Scarlatti, et j'y ai tout enfant entendu des conversations fort éducatives.

Mon père ne s'en prenait pas tant aux artistes attardés dans la manière des poncifs du xlxe siècle qu'au mauvais goût qui ré­gnait dans l'adaptation de l'art à la vie de chaque jour que ce fût dans l'affiche, la publicité, l'habillement ou la décoration religieuse de certaines églises.

Parmi les contemporains, il admirait comme seuls dignes d'estime les Debussy, les Cézanne à l'époque où la masse et même toute une aristocratie et surtout la bourgeoisie leur préférait Massenet et. Jean-Paul Laurens.

Après 1918, il adopta la nouvelle tendance artistique et gra­duellement réforma son idée critique. En fait dans ses ouvrages et articles (il écrivit clans plusieurs journaux et revues) il cessa de médire de l'art contemporain, considérant le nouveau mou­vement moderne à cette date comme une réaction confirmant ses vues personnelles passées ainsi que celles des rares amateurs d'esthétique. Réaction digne d'être encouragée à faire ses preuves malgré des exagérations inévitables ; le retour au Moyen Age étant aussi impossible que l'enlisement dans la seule louange des époques révolues.

Il changea alors son propre aspect et abandonna les modes anciennes de façon radicale, supprima non seulement le port de la barbe à l'instar de la foule d'alors, mais aussi les vêtements du type artiste ou esthèthe quasi-obligatoire encore aux hommes non conformistes de la période qui s'était écoulée avec le conflit de 1914-1918.

Il s'intéressa beaucoup au cinéma et fut pendant de nombreuses années correspondant pour la France de la revue cinématogra­phique « Biograf Bladet » de Stockholm,

Peut-être pensa-t-il que les critiques justifiées des écrivains de la fin du xix» siècle et du début du xxe siècle avaient enfin commencé à animer l'esprit d'un nombre de gens plus vaste que la seule élite et gagnerait alors les masses en les rendant sen­sibles à la beauté, même dans les manifestations de la vie pratique de chaque jour.

Cette évolution se ressent dans les ouvrages et articles qu'il publia après 1922 où il cesse de déplorer le manque de goût et de critiquer le manque d'esthétique comme il l'avait fait aupa­ravant, notamment dans Lourdes.

Cependant si ces quelques lignes peuvent situer d'une façon bien imparfaite les idées artistiques de mon père et l'étendue de sa culture générale, la partie principale de son oeuvre fut consacrée à l'occultisme, à part quatre ouvrages, l'un philosophique : Le Christ et la Patrie, dont le thème est d'inspiration pacifiste et démontre l'impossibilité de servir deux maîtres, l'un le Christ et sa doctrine de non violence et l'autre la Patrie, avec le devoir de tuer qu'elle impose au nom de sa défense ; l'autre historique où sont émises des hypothèses plausibles sur « la survivance et le mariage de Jeanne d'Arc » qui est le titre du livre. Enfin un petit opuscule sur la prononciation du latin et un décrivant les ins­truments de musique du musée de Cluny. A ceci s'ajoutent de très nombreux articles publiés dans diverses revues et journaux et dont beaucoup n'ont pas trait à l'occultisme.

Tout le reste de son oeuvre se compose d'écrits sur les Sciences occultes. Une grande partie consiste en traductions d'ouvrages anciens dont la plus magistrale est celle des OEuvres de Paracelse, d'après les textes latin et allemand collationnés et dont il ne put malheureusement donner que les deux premiers volumes.

Diverses circonstances, principalement la guerre de 1914 rui­nèrent la réalisation de plusieurs oeuvres projetées et commencées, qui laissèrent inachevées la Trilogie des Villes Initiatiques, qui ne comprit que le premier volume, et la traduction de Paracelse arrêtée au deuxième volume.

Bien des difficultés matérielles empêchèrent ensuite des projets presque entièrement élaborés de voir le jour.

Grillot de Givry pouvait d'ailleurs espérer terminer et faire publier plusieurs ouvrages sur l'occultisme et sur des sujets variés, mais il mourut subitement en février 1929, à l'âge de 54 ans, quelques jours après la publication de son dernier livre Le Musée des Sorciers.

En la Fête de St Benoît, 21 mars 1958.

 

GERMAINE DULAC

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C'est à Amiens qu'a vu le jour Charlotte Elisabeth-Germaine Saisset-Schneider, le 12 novembre 1882. Elle est encore célèbre sous le nom de Germaine Dulac (du nom de son mari, Albert Dulac). Fille d'officier, l'enfant suit ses parents de garnison en garnison, mais elle sera bientôt confiée à sa grand-mère qui habite Paris. Passionnée de musique, conquise par les idées féministes et socialistes, Germaine Dulac entre comme journaliste-reporter à "La Française" et à "La Fronde". En 1915, après un séjour à Rome en compagnie de son amie Stacia de Napierkowska, danseuse-étoile de l'Opéra et déjà "étoile" de cinéma, elle décide de se consacrer entièrement à cet art nouveau.

A cette époque, après s’être associée à la production du film la Lumière du Cœur (1916) d’Edmond Van Daele, Dulac crée sa propre compagnie de production – nommé successivement Krishna, D.E.L.I.A., puis DH Films (Dullac-Hillel) – avec la collaboration de la poétesse et romancière Irène Hillel-Erlanger, sa future scénariste.

Ayant fondé une petite maison de production, Germaine Dulac tourne coup sur coup quatre films sur des scénarios d'Irène Hillel-Erlanger, dont deux sont interprétés par Napierkowska ("Venus Victrix" et "Dans l'ouragan de la vie", 1916). Le film suivant, "Âmes de fous" (1917), a apporté à la cinéaste une véritable prise de conscience :

"Lumière, pose d'appareil, importance du montage m'apparurent comme des éléments plus capitaux que le travail d'une scène uniquement jouée selon les lois dramatiques".

Son interprète, Eve Francis, servira d'heureux trait d'union avec Louis Delluc, son fiancé. De la collaboration Delluc-Dulac allait naître La fête espagnole, première manifestation effective de l'esprit d'avant-garde cinématographique. Le sujet de Louis Delluc, banal en soi (rivalité de deux hommes pour la conquête d'une femme), était "visualisé" d'une manière impressionnante.

Devant l'incompréhension du public, le producteur Louis Nalpas demandera à Germaine Dulac de réaliser quelques films plus accessibles qui ne constituent pas le reflet exact de sa personnalité.

Elle prend par ailleurs des responsabilités, aux cotés d’Abel Gance et Ricciotto Canudo, dans le Club des amis du septième art (c. 1921) où elle travaille à l’élaboration d’un esthétique cinégraphique « qui rehausse la perception globale du spectacle ». Co-fondatrice et secrétaire du Club français du cinéma (1922), elle défend le statut de l’auteur auprès de l’industrie et crée un « réseau alternatif » pour la « première avant-garde cinématographique ». Co-fondatrice et trésorière du Ciné-club de France (1924), et plus tard, Présidente de la Fédération Internationale des Ciné-clubs (c. 1929/30), elle s’efforce de sensibiliser un plus large public par des conférences et projections commentées.

En portant à l'écran une pièce de Denys Amiel et André Obey, "La souriante madame Beudet", Germaine Dulac va donner en 1923 une des oeuvres les plus importantes, les plus achevées et sans doute la plus significative de l'Avant-Garde. Pour exprimer les subtilités psychologiques de son héroïne, la réalisatrice avait fait appel à toutes les ressources de la technique (déformations, surimpressions, ralenti, etc.) et mis en évidence le désir constamment rappelé par elle et ses adeptes : porter au cinéma des sujets intelligents, présenter des êtres humains et leurs sentiments par le truchement de procédés exclusivement visuels. C'était le triomphe de la symphonie visuelle et de l'impressionnisme.

En 1924, c'est Le diable dans la ville, sur un scénario de Jean-Louis Bouquet, avec Léon Mathot, dont l'action se situe au 15e siècle, à propos duquel Germaine Dulac souligne: "Ce sera mon premier film de mouvement. C'est un film de foules, un peu satirique, à tendance un tantinet caricaturale... " (in " Cinémagazine " 9 mai 1924).
Nullement honteuse d'avoir à tourner des films "commerciaux", Germaine Dulac n'en poursuivit pas moins ses recherches expérimentales. La coquille et le clergyman sur un scénario d'Antonin Artaud, provoque un énorme " chahut " en 1927, mais ses courts métrages abstraits inspirés de la musique et La germination d'un haricot (1928) prouvaient les immenses possibilités de l'art du cinéma.

Après dix ans de rédaction en chef des Actualités Gaumont, minée par une maladie pernicieuse, Germaine Dulac est morte le 20 juillet 1942, à une époque peu propice à un hommage.

(D'après une fiche du Ciné-Club de Caen et diverses sources) 

ERLANGER (Philippe)

medium_philippe-erlanger.jpgPhilippe ERLANGER est le fils du compositeur Camille Erlanger (1863-1919) et d'Irène Hillel-Manoach (1878-1920) - Irène Hillel-Erlanger (alias Claude Lorrey) était l'auteur du mystérieux ouvrage "Voyages en kaléïdoscopes"-.
 
Philippe fait ses études à Paris, obtenant une licence ès lettres, une licence en droit, et son diplôme de l'École libre des Sciences Politiques. lnspecteur général au Ministère de l'Education Nationale, il est nommé en 1938 directeur de l'Association française d'action artistique, fonction qu'il occupera jusqu'en 1968. Parallèlement, il est nommé en 1946 chef du service des Echanges artistiques au Ministère des Affaires étrangères. S'attachant à faire rayonner l'art français à l'étranger et l'art étranger en France, il organise de nombreuses expositions et des tournées théâtrales célèbres (Louis Jouvet, Jean-Louis Barrault, Jean Vilar, etc.). C'est lui qui a l'idée du Festival international du film de Cannes en 1939, en réaction au discrédit dont s'est couverte la Mostra de Venise qui a récompensé, en 1938, le documentaire de Leni Riefenstahl "Les Dieux du Stade", sous influence du nazisme, ex aequo avec un film supervisé par le fils de Mussolini. Présent à Venise, il peut annoncer le lancement d'une initiative concurrente, avec l'aval de son ministre de tutelle, Jean Zay, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. La ville de Cannes est choisie pour son agrément et son ensoleillement. Premier délégué général du festival jusqu'en 1951, Philippe Erlanger sera également membre du jury en 1953 et 1954.

Critique d'art, journaliste et historien, Philippe Erlanger a publié de nombreuses biographies. A partir de quelques chroniqueurs et mémorialistes du temps, il met en lumière une personnalité historique avec une prédilection pour les XVIe et XVIIe siècles et les frasques sexuelles des protagonistes, dans une perspective strictement événementielle, mais toujours attrayante. Ses livres bien construits, bien écrits, ont souvent été de grands succès populaires. Sa biographie de Louis XIV a même été classée en tête des ouvrages historiques du siècle par un concours du Figaro Littéraire Au cinéma, il donne le scénario et les dialogues de Marie-Antoinette (1956), présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, de La prise du pouvoir par Louis XIV (Roberto Rossellini, 1966). L'ensemble de son œuvre a été couronné par l'Académie Française et a reçu le Grand Prix du Rayonnement Français en 1962. Il a été fait Commandeur de la Légion d'honneur. Philippe Erlanger est resté célibataire et décédé sans postérité.

L’H. B. of L.

Certains auteurs indiquent qu'Helena Petrovna Blavatsky et Henry Steele Olcott auraient fondé la Société Théosophique à la suite de leur exclusion d'un Ordre mystérieux : l'H. B. of L., c'est-à-dire l'Hermetic Brotherwood of Luxor (Fraternité Hermétique de Louxor).

La légende veut que cette fraternité tire ses origines d’un ordre fondé plus de six mille ans auparavant dans " l'île de l'Ouest actuellement disparue " (l'Atlantide), Thèbes et Louxor ayant été ses centres d'activités. Cet ordre aurait été à l'origine de tous les grands mouvements initiatiques comme celui de la Rose-Croix.

Vers 1870, l'H. B. of L. ouvre un cercle extérieur pour lutter contre les dangers que faisait courir à l'Occident le scientisme. Cette fraternité entreprend de restaurer l'ésotérisme occidental en lui donnant un aspect scientifique. Elle veut aussi stopper l'expansion de la Société Théosophique, qu'elle accuse de vouloir " vicier l'esprit de l'Occident et l'entraîner sous la domination de la pensée orientale ".

A ce titre, cet Ordre est anti-réincarnationiste. Le cercle extérieur de la Fraternité Hermétique de Louxor a été fondé par un polonais, Louis-Maximilien Bimstein (1847-1927), dit Max Théon ou Aïa Aziz, un personnage singulier doué de facultés psychiques étonnante. En 1870, il s'installe en Angleterre et choisit quelques membres, notamment Peter Davidson et Thomas H. Burgoyne. Le premier devient le Grand Maître de l'H. B. of L..

Papus, qui fut membre de cet Ordre, considérait Peter Davidson comme son " maître en la pratique ". En France c'est F.-Ch. Barlet (Albert Faucheux, 1838-1921), qui dirige l'Ordre. Il faut noter que la plupart des membres fondateurs de l'Ordre Martiniste sont membres de l'H. B. of L., qui pendant quelque temps constitue une sorte de cercle intérieur du Martinisme, cercle qui sera bientôt remplacé par l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.

Entre 1885 et 1886, l'H. B. of L. publie une revue, l'Occult Magazine. Thomas H. Burgoyne et Peter Davidson y écrivent en utilisant comme pseudonymes Zanoni et Mejnour, les deux Rose-Croix de Zanoni.

De même, F. - Ch. Barlet utilise le surnom de Glyndon, un autre personnage de ce roman, pour signer ses textes dans la revue L'Anti-Matérialiste. L'H. B. of L. ne fut guère active que de 1870 à 1886 et bien qu'elle n’ait jamais compté plus d'une poignée de membres, elle eut une influence importante.

A partir de 1886, Max Théon se désintéresse de l'H. B. of L. et quitte Londres pour s'installer en Algérie, à Tlemcen. Cet Ordre tombe alors en sommeil et Max Théon tente d'instaurer le Mouvement Cosmique, un groupe qui restera marginal. C'est à Tlemcen que Max Théon recevra, entre 1904 et 1906, celle qui sera bientôt l'associée de Shri Aurobindo, Mirra Alfassa, c'est-à-dire Mère (1878-1973). Les idées de Max Théon auront d'ailleurs une certaine influence sur Shri Aurobindo.

(c) Christian Rebisse

24.07.2007

BLANCHARD (VICTOR)

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BLANCHARD Victor Alfred (sâr Paul Yésir, T Targelius, T Paul) –

 Occultiste chrétien, fondateur de l’Ordre martiniste et synarchique (Versailles, 10 juillet 1877 – Paris, 14 mars 1953).

Chef du service central et du service archiviste de la Chambre des Députés, dont il est par ailleurs secrétaire rapporteur, puis président de l’Amicale des fonctionnaires.

Etudiant à l’Ecole supérieure libre des sciences hermétiques (1900) de Gérard Encausse (Papus), il entre dans l’Ordre martiniste (1900). Après avoir reçu l’initiation maçonnique dans la loge Humanidad du rite national espagnol, il est admis (1908) aux 30e et 90e (et 95e ?) degrés dans la franc-maçonnerie « égyptienne » de Memphis-Misraïm, et participe comme secrétaire général au Congrès spiritualiste organisé à Paris (juin 1908) par Papus et Charles Détré-Téder. Il s’engage (1908) dans l’éphémère Ordre du Temple rénové de René Guénon, mais mis en demeure de choisir entre cette dernière organisation et l’Ordre martiniste, il reste fidèle à Papus.

Il collabore à la revue l’Initiation, et, sous les auspices de l’Ordre martiniste, il fonde et préside la loge parisienne Melchisédech (1908), qui prend ensuite le statut de grande loge (1912) et confère, au-delà des quatre grades classiques, trois autres degrés supérieurs : Royal-Initié, Parfait Adepte, Sublime Commandeur, lesquels auraient été doublés des grades de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, tandis que les grades d’Initié, Supérieur inconnu et Adepte libre de cette loge correspondaient respectivement eux-mêmes aux 4e, 19e et 33e du rite de Memphis-Misraïm. Mais la Grande Loge Melchisédech entre rapidement en sommeil (1912).

Admis par Papus aux deux premiers degrés de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1908), il reçoit de Téder son doctorat en kabbale (3e grade) (1915), mais il quitte cet ordre (1918) lorsque Jean Bricaud se réclame de la succession de Téder.

Consacré évêque gnostique (1914) par Papus dans la filiation « spirite » de Jules Doinel, il est ordonné diacre, prêtre et consacré évêque (Paris, 5 mai 1918), selon la filiation apostolique, par Jean Bricaud, qui le nomme évêque de Paris. Très vite, il entre en conflit avec Bricaud et quitte son Eglise gnostique.

Après la mort de Papus (1916), Téder, son successeur, lui confie des responsabilités dans l’Ordre martiniste. Après la mort de Détré (1918), il signe, au titre de l’Ordre martiniste, un traité d’alliance avec l’Ordre du Lys et de l’Aigle (janvier 1919). Puis, refusant de reconnaître l'autorité de Jean Bricaud, il fonde l’Union générale des martinistes et des synarchistes, ou Ordre martiniste et synarchique (OMS) (déclaration officielle le 3 novembre 1920) dont il est le premier grand maître. Cet ordre se réclame de Papus, et à travers lui de Louis-Claude de Saint-Martin, mais aussi d’Alexandre Saint-Yves d’Alveydre et de sa doctrine. Mais l’OMS entre bien vite en sommeil (1922).

Douze ans plus tard, sur les conseils de martinistes en rupture avec Bricaud, Blanchard réveille l’OMS (1934) et participe aux côtés d’Emile Dantinne (1884–1969), imperator de la Rose-Croix universelle, et de H. Spencer Lewis (1883–1939), fondateur de l’AMORC, à la constitution de la Fédération universelle des ordres et sociétés initiatiques (FUDOSI) (août 1934), dont il est avec eux l’un des trois imperators. Trois ans plus tard, il mandate Lewis, pour représenter l’OMS sur le continent américain (9 juillet 1937).

Il participe également à la constitution d’un Suprême Conseil international du rite de Memphis-Misraïm (1934), fréquente maintes autres sociétés initiatiques (Ordre pythagoricien, Ordre de la Rose-Croix universitaire), et devient commandeur honoraire de l’Ordre du Lys et de l’Aigle qui signe un traité d’alliance avec l’OMS.

Elu (1933) à la présidence de la Fraternité des Polaires qui revendique l’héritage des anciens rosecroix, se réclame d’une tradition hyperboréenne et use d’un curieux « oracle kabbalistique », il se présente (1938) comme investi par l’Agartha de la grande maîtrise universelle de la Rose-Croix. Cette attitude lui vaut d’être marginalisé au sein même du microcosme de l’occultisme et écarté de la FUDOSI. Mais il conserve la grande maîtrise de l’OMS et la présidence des Polaires (jusqu’en décembre 1939).

Après il seconde guerre mondiale, il réintègre la FUDOSI (1946) et reprend ses activités martinistes et gnostiques. L’Ordre martiniste et synarchique reprendra lui-même force et vigueur et il en conservera la grande maîtrise, jusqu’à sa mort qui surviendra le 14 mars 1953 à l'âge de 75 ans, en son domicile, 60, avenue de Breteuil, à Paris.

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