29.08.2007

VALENTIN BRESLE

Valentin BRESLE et le magisme poétiste


404e0b7293aafce902b2e09b1ac7e0df.jpgQuel étrange cabinet de travail que celui de M. Valentin Bresle ! Un sanctuaire plutôt, ou une loge de mystères, ou un ermitage de sorcier médiéval... Pourtant, nous sommes en plein Montmartre, au 12 de la rue Fromentin, aux abords de la place Pigalle toute trépidante d'autobus.
Voici, parmi les tableautins et les statuettes jaillies dans la demi-lueur de la pièce, une imposante divinité japonaise, hiératique entre deux cierges de cire noire authentiquement venus d'Ecosse. Là-haut s'encadre une mystérieuse vision du monde astral, traduite en touches légères et vaporeuses. De ci de là surgit au bout d'un support un oeil hypnogène, boule blanche que ponctue l'iris noir, brun ou bleu. Un serpent se love sur un crâne dahoméen.
Deux chandeliers originaux, en triangles inversés, le mâle et la femelle, qui dessinent, en se superposant, un sceau de Salomon, font brûler jour et nuit une de leurs six flammes dans leurs bobèches de cuivre. Sur le rebord de la haute cheminée, des pierres-figures, conformes à la tradition de Boucher de Perthes, font voisiner leurs physionomies grimaçantes ou leurs évocations phalliques. Mais qu'est ceci ? Un voile noir, où se dessine en broderie un pentacle, cache une énorme protubérance fixée au mur...
Un pentacle ? Cette étoile à cinq branches figure, lorsque deux de ses pointes sont en bas, l'être humain aux cinq proéminences : tête, bras et jambes ; mais si on la retourne, elle est le signe schématisé du Bouc, du Bouc des mystérieuses traditions templières : deux cornes, deux oreilles et la pointe de la barbiche. Justement, la masse qui se dissimule sous le voile est une tête empaillée de bouc...
- " Ce bouc, je l'ai connu vivant " me dira M. Bresle. - Et le simulacre baphométique influence perpétuellement un simulacre humain, un mannequin revêtu de soies de diverses couleurs, qu'il surplombe de sa barbichette. Tout près se dresse un autre mannequin, de grandeur naturelle, semblable à l'Impératrice du Tarot. Ses vêtements de soie aux vives couleurs (rouge et bleu) alternent au gré d'un rituel accordant les données astrologiques avec les liturgies spéciales du poétisme. Un serpent de cuivre enlace sa tête de femme, un autre serpent de cuivre encercle son cou, et ses yeux sont bandés de jaune. Et, à sa table où brillent des " boules de rêve " qui captent les mauvais fluides, parmi les bouquets de fleurs, les rituels à reliures anciennes et les nombreux miroirs lunaires, M. Valentin Bresle me regarde de ses yeux d'acier bleu.
Il y a, dans sa stature et sa physionomie, quelque chose de racé. Est-ce de sa lignée qu'il est question dans le Dictionnaire de la Noblesse de la Chesnaye (Paris, 1866), où j'ai par hasard trouvé, à la page 50 du tome IV, que les armoiries des Bresle sont " d'azur à trois gerbes de bled d'or liées de même et posées deux et un " ? Et quelque chose du prélat transparaît dans l'onction de ses gestes : au chaton de son anneau d'or massif brille d'ailleurs une améthyste épiscopale. Dés qu'il parle de symbolisme, dans cette sorte d'occultum où mille détails rappellent le symbolisme des Trois Rois Mages, ce magiste, particulièrement sensible au symbole des figures et à la magie des rites, s'anime et semble vibrer. Il prépare d'ailleurs un docte traité de Symbolisme.
Mais M. Valentin Bresle prépare surtout son livre capital, qui s'intitulera : Le Poétisme, Magie Vivante d'aujourd'hui, et portera ce sous-titre : La Femme, ses rythmes et les liturgies d'amour. Le sommeil, ses mystères, les rêves et la télépathie amoureuse. Car il est principalement le théoricien du charme poétique sur lequel il a déjà publié plusieurs volumes. Ecrivain et directeur-fondateur du Mercure Universel depuis 1922, M. Valentin Bresle publie actuellement des cahiers mensuels de Magie et d'Occultisme qu'il rédige entièrement seul et dans lesquels il expose ses théories poétistes. Pour être neuves, sensualistes et audacieuses, ses théories personnelles ne s'en rattachent pas moins à l'ésotérisme traditionnel de Stanislas de Guaïta, d'Eliphas Levi, du Sâr Peladan, etc. dont il " actualise " la pensée en fonction des apports nouveaux du symbolisme contemporain, freudisme, poétisme, etc...
Mais il n'est pas seulement un théoricien des sciences occultes ; c'est un pratiquant de la Magie tant spéculative qu'opérative. C'est un mage d'occident tenant compte des traditions orientales mais les traduisant en un langage clair et précis, même et surtout lorsqu'il s'agit de magie cérémonielle et pratique.
Les résultats qu'il obtient pal télépathie poétiste et volontaire tendent à rénover et à préciser toutes les anciennes conceptions au sujet des incubes, des succubes et de ce qu'on appelle les envoûtements d'amour.
Ce que peuvent être ces résultats, ce que peuvent être aussi les méthodes par lesquelles il les suscite, on petit les entrevoir à travers sa doctrine.
Le Poétisme, m'a-t-il parfois expliqué, repose sur trois constatations :
1° Toute inspiration esthétique, toute création de beauté, émane du plaisir de sentir ou d'éprouver , autrement dit de la sensualité.
2° Toute contemplation, objective ou subjective, de la beauté qui va jusqu'à l'émotion esthétique a des prolongements, conscients ou non, jusque dans la chair.
3° Tout créateur de beauté, tout poète, tout autiste original participe de la Nature naturante, autrement dit de la Divinité, et devient de ce fait un prêtre ou un mage. D'où cette phase particulière des théories poétistes : le magisme.
Toute création esthétique ou mentale vient du tréfonds de nous-mêmes, et la création poétique par exemple est très souvent la réalisation sublimée de la matière en symbole de beauté. D'où la place la plus importante accordée au symbolisme et à l'occultisme par le poétisme.
Mais le Symbole initiatique constitue la pensée ultime, la pensée pure qui contient toutes les sciences ou encore la philosophie des sciences, la synthèse, en un mot la combinatoire, rayonnement d'un centre voilé transmis d'âge en âge par les initiés, Centre géométrique que nous devons retrouver dans notre subjectivité.
Le voile de la quotidienneté et de la logique profane laisse cependant passer assez de rayons pour permettre à l'esprit humain de pressentir par intuition ou par les recherches tâtonnantes de la science, même profane, cette combinatoire spontanée qui est en nous et que le symbolisme met en mouvement.
Le contenu ne peut que pressentir intuitivement le contenant parce que, selon cette image, si le contenu était conscient absolument du contenant, tous les chaînons seraient réunis, les analyses seraient identiques et toutes les parcelles de l'androgyne seraient réunies, le problème serait résolu. La multiplicité serait réabsorbée dans l'Un.
- Dans les trois livres par lesquels vous avez mis au point vos théories poétistes : l'Essai sur la sensualité créatrice, celui sur le mysticisme et la sensualité et enfin celui sur le magnétisme et la folie, vous avez développé les conséquences pratiques de ces principes.
- Mais le point crucial, le point qui a fait couler le plus d'encre et qui a suscité les polémiques les plus vives, ce fut, c'est encore, le phénomène de l'inspiration (mystique et poétique) dans ses rapports avec la sexualité.
Il a fallu appuyer mes arguments théoriques sur des preuves expérimentales qui " ne permettraient plus ", selon un lecteur, " de douter des vérités hardiment émises sans craindre la désapprobation des critiques partiaux, imbus d'idées puritaines, retardataires et craintives. "
Je lue suis livré à une vaste enquête qui se poursuit toujours et plus d'une lectrice a reconnu que les faits de répercussion sexuelle de charme poétique et les faits de répercussion des désirs sexuels sur l'inspiration poétique sont tels qu'il suffit, me disent-elles, " d'analyser ses fibres intérieures et d'être franche avec soi-même, de n'avoir pas peur des mots pour reconnaître la véracité fondamentale de ces faits ". C'est sur des témoignages nombreux de ce genre que j'ai construit un ensemble de théories groupées sous le mot de " Poétisme ".
Et M. Valentin Bresle me montre quelques-unes des pièces de sa collection de documents et de témoignages...
Elles sont pour le moins curieuses.
- La poésie, reprend-il, le mysticisme et la magie sont des questions intimement liées qui s'éclairent les unes par les autres. La poésie (toute poésie), le mysticisme et toutes les magies trouvent leur essence, leur base et leur potentialité dans l'amour. Comme il n'y a pas d'amour sans attirance, sans sensualité de joie ou de douleur, j'ai pu sans exagération démontrer que l'inspiration poétique, comme toute création profonde de l'esthétique, dérivait de la sensualité d'origine sexuelle.
Mais la grande et très délicate sensibilité féminine permet de vibrer (consciemment ou non) sexuellement par visions purement mentales, comme elle permet d'exalter l'esprit, l'imagination, les puissances affectives au bouillonnement des voluptés plus lourdes.
Et cette sensibilité particulière de la femme, cette compréhension des choses avec le coeur a fait que le premier public d'adeptes du poétisme fut surtout un public féminin. La vérité est que le poétisme avait découvert les vrais rythmes féminins, plus exactement les rythmes secrets de la féminité qui sont les mêmes que ceux de la création esthétique. D'où ce titre sous lequel j'ai publié tant d'articles : " La Femme et ses rythmes " qui seront prochainement réunis en un volume.
- Pourquoi " ses rythmes " ?
- Grâce précisément à ses rythmes particuliers, la femme éprouve plus " sensiblement " la résonance sensuelle de la beauté sur tous les plans.
Je veux dire que l'émotion esthétique ou mystique a plus directement et plus fréquemment des prolongements charnels chez la femme que chez l'homme. Ceci en raison de ses " rythmes " particuliers d'évolution alors que les rythmes masculins sont généralement plus involutifs.
Pour le poétisme, la femme est donc une magie vivante qui a droit à sa prêtrise et à son initiation totale. La femme a précédé l'homme dans les chemins de la divinité, de l'élévation mystique en vue de l'idéal.
Or, l'initiation est une recherche constante d'un idéal et le poétisme est la route qui conduit à cet idéal. L'Art est une manifestation sensible d'un idéal. L'initiation vraie est donc une élévation. L'art élève par l'émotion esthétique, l'art est donc nécessairement le collaborateur de l'initiation.
L'initiation première pour la femme est la découverte de ses rythmes, son adaptation intime avec les grands courants cosmiques auxquels elle participe inconsciemment et auxquels elle doit participer et communier consciemment pour développer en elle sa vraie, sa profonde personnalité.
Révéler la femme à elle-même, l'initier à son Symbole profond, l'élever jusqu'à la prêtrise par son destin magique, tel est un des principaux buts du poétisme.
- Mais en quoi le poétisme est-il magique ?
- Il n'y a pas d'art sans magie ; il n'y a pas de magie sans art. L'artiste est un mage plus ou moins conscient de son pouvoir magique. Il serait souhaitable que ceux qui se prétendent mages soient des artistes, des poètes.
Tous les arts, en tant que capables de déclencher l'élément émotionnel de l'être sont des formes de la magie opérative puisqu'ils créent le charme.
Nous sommes ici au coeur même de la doctrine poétiste.
Vous sentez ainsi combien, d'après le poétisme, le charme, l'amour et la magie sont des termes qui possèdent entre eux des analogies, des identités et qui demeurent pourtant différents.
- L'amour ?
- Oui, car la Magie et l'Amour ont un art commun.
L'Art et l'Amour pour rayonner doivent avoir une magie commune. Cette magie, c'est la création de charmes, c'est l'envoûtement. L'envoûtement d'amour est possible par le poétisme et c'est pourquoi cette doctrine dépasse de beaucoup le stade des théories pour atteindre à la Magie opérative elle-même.

Que le poétisme aboutisse de la sorte à une magie opérative, à des envoûtements d'amour, cela rend rêveur... Mais, sans franchir le seuil discret de la magie pratique, et en demeurant dans le riche domaine chatoyant de l'occultisme théorique, comment ne pas est1nler qu'il y a de ce poétisme larvé, d'un poétisme magique qui n'ose passe nommer ainsi dans bien des attitudes artistiques et littéraires, comme, par exemple, le surréalisme ?
P. G.

 

LE MYSTERIEUX DOCTEUR P...

Cagoule, Synarchie, Martinisme et Franc-Maçonnerie


Juste avant la 2ème guerre mondiale, l'étudiant en médecine Charles P. est membre de la Cagoule et proche du fameux Docteur Martin qui en fait un de ses agents de renseignements. Charles P. est par ailleurs ami d'un certain "Bob" R., Cagoulard comme lui.

A la même époque, P. écope de six mois de prison pour détention illégale d'armes.

- 5 février 1947, Charles P. est incarcéré à Fresnes, où il est interrogé dans le cadre de ses activités subversives.

- Tout juste après, Charles P., docteur en psychiatrie et anthropologiste, est initié au Maroc, à la R.L. "Concorde" n°42 (GLNF). Il accepte de prendre la tête du département d'anthropologie des Nations Unies (siège à Niamey, au Niger). Il y retrouve un vieil ami, Marcelo R. (s'agit-il de "Bob" R., l'ex-Cagoulard ?), de la R.L. "Persévérance", n° 27 (GLNF).

- 30 mai 1968 : le TRF Van Ecke, Grand Maître de la GLNF, consacre à Dakar avec l'aide du F. P., la première Loge régulière en continent africain. Il est alors proposé à C. P. de devenir Grand Maître de la Grande Loge de District d'Afrique Noire, mais il refuse considérant que cette fonction doit revenir à un Africain.

- Janvier 1975 : le Docteur Charles P. est co-vice-président de l'Ordre Martiniste "Papus". A cette époque, C. P. apparaît fréquemment sur des photographies dans la revue "L'Initiation", organe officiel de l’Ordre Martiniste.

- Septembre 1977 : Philippe Encausse démissionne de sa charge de Président de l'O.M. Il n'est plus question de C. P. qui a complètement disparu des colonnes de "L'Initiation" depuis plusieurs mois.

- Septembre 1991 : Jacqueline Encausse fait paraître son livre sur Philippe Encausse. De nombreux proches de P. Encausse sont cités dans cet ouvrage. C. P., qui fut pourtant vice-président de l'Ordre, n'y apparait nulle part.

- Annuaire 1996 - 1998 de la GLNF : C. P. figure dans la liste des membres du Souverain Grand Comité auquel il appartient depuis de nombreuses années.

 

Le Docteur P. Cagoulard, Franc-Maçon, Martiniste... est décédé en 2003 : qui était-il ?

 

SERGE HUTIN

IN MEMORIAM: SERGE HUTIN

 

 Serge Hutin est mort le 1er novembre 1997, à la maison de retraite de Prades (Pyrénées-Orientales). C'était une figure importante de l'ésotérisme français, docteur ès Lettres, diplômé de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, ex-attaché de recherche au CNRS, ayant écrit quelque chose comme quarante ouvrages. J'en cite quelques-uns: "L'alchimie", "Les Gnostiques", "Les Sociétés Secrètes" ("Que sais-je ?"), "Histoire des Rose-Croix" (Le Courrier du Livre, 1959), "Paracelse : l'homme, le médecin, l'alchimiste" (La Table Ronde, 1966), "Histoire mondiale des sociétés secrètes" (Club des Amis du Livre, 1959), "Robert Fludd" (Omnium Littéraire, 1972), "L'amour magique" (Albin Michel, 1971), "Histoire de l'alchimie" (Marabout, 1971), "Nostradamus et l'alchimie" (Editions du Rocher, 1988)... sans oublier "Aleister Crowley, le plus grand des mages modernes" paru chez Marabout en 1973. On se doute bien que ce fut à l'évidence un ouvrage important pour moi. Serge fut l'un des seuls ésotéristes français à défendre publiquement Crowley à cette époque. Avec Pierre Victor. Mais entre Serge et Pierre Victor (de son vrai nom Pierre Barrucand), futur défenseur de la Scientologie, on me permettra de choisir la personne la plus lumineuse. Quoiqu'il en soit, et malgré les erreurs historiques de son livre, il eut le courage de défendre Aleister et on ne lui pardonna guère.

            Je le rencontrai physiquement en 1995. Il avait environ 65 ans. Et je rencontrai un homme détruit et réduit à la plus noire des misères. Je reconnus son regard. Ce regard, je l'avais déjà rencontré chez des êtres qui avaient une longue pratique de la faim. Nous nous trouvions tous deux à un salon du livre ésotérique patronné par Atlantis. Je tenais le stand des éditions Ramuel pour Françoise qui ne pouvait se déplacer. C'était franchement amusant: nous devions sans doute être les deux seules personnes dans l'assistance avec des opinions d'extrême-gauche. Pour ce qui était du reste... Je me souviens d'avoir vaguement discuté avec Jean-Luc Chaumeil, vêtu d'une veste rouge et portant la plus épouvantable cravate (une véritable offense à la création) que j'ai vue de toute mon existence, du livre d'Umberto Eco : Le Pendule de Foucault. Il finit par me dire: "Vous ne savez pas le pire. Eco est marxiste." Ce à quoi je répliquai, amusé: "Moi aussi. Comme Abellio, d'ailleurs." Serge devait plus tard sidérer la petite cour venue lui serrer la main en déclarant qu'il voterait Arlette Laguiller aux élections proches !

            Lorsque j'eus repéré la place de son stand, je l'étudiais. Il dormait, évidemment. Depuis une vingtaine d'années qu'il prenait des calmants ! A vrai dire, il en absorbait depuis la mort en 1972 de Marie-Rose Baleron, celle qui serait sans doute devenue sa femme si elle n'avait été "supprimée" avant d'en avoir eu le temps. Agent des services secrets français, elle enquêtait sur les liens entre SAC, mafia corse, CIA, loge P2 et... certaines organisations "initiatiques". Suffisant pour se faire liquider. C'est elle qui lui avait fait découvrir Crowley et sa biographie du mage lui est dédiée. J'avais amené avec moi certains de ses livres pour qu'il me les dédicace. Parmi eux se trouvait un exemplaire de "Voyages vers ailleurs" (Arthème Fayard, 1962). Lorsqu'il vit l'ouvrage, il se réveilla d'un coup. C'était l'exemplaire personnel de Marie-Rose, celui qu'il lui avait offert et qu'elle avait fait relier. Quelques mois auparavant, dans une foire aux livres du sud-ouest où étaient présents plus de 200 exposants, ma compagne Sabine s'était directement ruée sur un stand, comme magnétiquement attirée, pour s'y saisir de l'ouvrage, le feuilleter brièvement et me le tendre en me disant que je devais l'acheter.

            Le soir même, j'invitais Serge dans un couscous place de la République, restaurant que je savais copieux. Ca nous faisait mal de le voir dévorer comme ça, comme pour rattraper des années d'estomac creux. J'avais décidé d'assurer et le vin coula à flots, suivi de vodka à volonté. Dans la foulée, je vidai mon compte bancaire pour régler sa note d'hôtel. Initié dans un nombre invraisemblable de sociétés secrètes, il manquait cependant à son tableau de chasse quelque chose comme l'Ordre dont le grand-maître avait été celui qu'il avait si vaillamment défendu... l'Ordre de Crowley. L'O.T.O. Nous le reçumes au premier grade (Minerval) fin 1995.

 

 
(c) Philippe Pissier, janvier 1998 e.v.

 

JACQUES BREYER

Jacques Breyer et le groupe d'Arginy



Né en mars 1922, à Noyon, dans l'Oise, dans la maison du gardien d'un cimetière, il passa une enfance très proche de la nature, des chevaux et de la vigne, en Anjou, au bord de la Loire. Il fut déporté pendant deux ans à Buchenwald et rentra en 1945, selon ses propres dires, "longtemps mal en point ", et " fort disponible pour l'Objet des Combats de Lancelot, Galaad et autres Chevaliers ". De retour des camps de concentration, il part se soigner dans les Pyrénées Orientales. Sa mère lui remet quelques objets et documents en provenance de son grand-père maternel, " rebouteux, guérisseur, alchimiste ". Il y découvre des clefs de magie et s'engage dans l'occultisme pratique.

Au printemps 1952, une panne de voiture sur la route des Saintes-Marie-de-la-Mer le contraint à s'arrêter dans une auberge. Un journal local attire son attentions sur l'existence d'un mystérieux trésor des Templiers caché au château d'Arginy. Dans la nuit, en rêve, il lui est demandé de prendre contact avec le propriétaire d'Arginy. Il part aussitôt et se met en rapport avec le Comte de Rosemont, propriétaire du château, qui le reçoit dans une propriété à demi-ruinée. Toujours en rêve, il reçoit l'instruction de s'installer à Arginy. Après s'être confié au Comte de Rosemont et à sa femme, il s'installe à Arginy après être retourne brièvement en Anjou. Il y restera 7 ans.

Le Comte de Rosemont met à sa disposition une tour où il entreprend des recherches occultes. Il en sort peu, pour soigner des animaux malades, ou pour visiter des parents et des amis, en Anjou, à Lyon et à Paris où il présente quelques conférences.

A Lyon, Breyer sympathise avec un médium, Marcel Vayre de Bagot, représentant de profession. En mai 1952, les deux nouveaux amis tentent de premières opérations théurgiques, sans succès. Armand Barbault, alchimiste auteur de " L'Or du Millième Matin ", les rejoint. Le 12 juin 1952, à 22h00, une nouvelle expérience de théurgie est de nouveau tentée. Celle-ci est couronnée de succès. Il semble que cette expérience soit décisive dans la création de ce qui deviendra plus tard " l'Ordre Souverain du Temple Solaire ".

En 1953, à Paris, Jacques Breyer fait la connaissance de Maxime de Roquemaure, descendant d'une haute lignée templière, " grand-maître adjoint d'un groupe templier descendu d'une lignée catalane ". Maxime de Roquemaure rejoint le trio et fait à Breyer son beau-frère maconnais, Jean Roux et sa femme Geneviève.

D'autres ésotéristes rejoignent le groupe d'Arginy, et Breyer est mis en relation avec des religieux de la Grande Chartreuse où ils sont reçus " comme des frères ".

En 1955 - 1956, des Maçons de la GLNF rejoignent le groupe initial : Vincent Planque, Pierre de Ribaucourt, fils du fondateur de l'Obédience.

Une première commanderie est alors acquise par le groupe. Elle se situe entre Gap et Grenoble, dans le Dévoluy. Mgr Jean de Saint-Denis, évêque de l'Eglise Orthodoxe de France est reçu .

Breyer écrit deux livres : " Dante alchimiste ", en 1957 et " Arcanes solaires ou les secrets du Temple solaire ", en 1959. En 1958, Breyer perd son père et retourne à la vie profane. puis rentre dans une nouvelle retraite en 1960, jusqu'en 1963. Il continue ses recherches avec quelques frères du groupe initial.

1959 avait vu naître une rumeur rapportée par le Canard Enchaîné. La gendarmerie découvre, dans la région d'Etampes, un militant d'extrême-droite détenant des armes. Le suspect appartient à une étrange société secrète néo-templière, cospirant contre la République. Feraient partie des Templiers, Constantin Melnik, membre du Cabinet de Michel Debré, alors Premier ministre, et Pierre Joly, journaliste activiste, membre d'une organisation fasciste, le Grand Occident (ou Grand O).

En 1964, Jacques Breyer se retire de la résurgence templière d'Arginy.

En 1965, Julien Origas entre à l'O.S.T.S.

Le 24 juin 1966, l'Ordre Souverain du Temple Solaire (O.S.T.S.) apparaît au grand jour, avec l'élection de Jean-Louis Marsan - Jean -, ami d'enfance de Reinier III de Monaco, et soi-disant vingt-troisième Grand-maître du Temple. L'O.S.T.S. est reconnu en 1967 à Monaco. Jean-Louis Marsan décède en 1982.

Jacques Breyer est mort en 1996.

 

19.08.2007

RENEE DUNAN

L’exploration des sentiers de l’occulte mène parfois à de succulentes découvertes… Ainsi, parmi les membres de la société secrète des Polaires, on peut trouver le nom d’un mystérieux « Jehan Sylvius ».

Le début d’une enquête qui s’avère passionnante semble démontrer que sous ce pseudonyme pourrait se cacher la protéïforme Renée Dunan ((Avignon, 1892-1936 ( ?)). Une autre piste à défricher serait celle, peut-être plus vraisemblable, d'Ernest de Gengenbach (1904-1981), prêtre défroqué, proche des surréalistes jusqu'en 1930, et acteur involontaire de l'affaire Jean Moulin par l'intermédiaire de sa maîtresse Lydie Bastien.

Née dans une famille d’industriels, écrivain, critique et poète français Renée Dunan fit ses études dans une institution religieuse avant de devenir journaliste en 1919, puis de travailler dans des bureaux. Véritable mystère de la littérature contemporaine, on ne sait finalement que très peu de choses d’elle. Elle brouille les pistes à l’envi, ne laisse pas de mémoires et sa correspondance est dispersée, vraisemblablement détruite… Et l’on va jusqu’à ignorer la date de sa mort, peut être 1936…

Elle explora genres littéraires : érotisme, aventures, historique, policier, psychologique, ésotérique, fantastique, science-fiction, sans compter des essais sur le naturisme et sur l’écrivain René Boylesve. Ecrivain prolifique, sa production littéraire se fit essentiellement sur dix années, entre 1924 et 1934, période pendant laquelle elle publia jusqu’à huit titres par an.

Ses critiques redoutées paraissant principalement dans Action, Le Disque vert, Floréal, Images de Paris, ou Rives d’Azur lui valurent les qualificatifs de « vitrioleuse » et de « pétroleuse ».

La revue Les Œuvres libres accueille plusieurs de ses nouvelles. Elle collabore également au Crapouillot ainsi qu'aux revues Le sourire et Projecteur.

Féministe, elle est anarchiste, naturiste et pacifiste. Dadaïste enthousiaste, elle entre en relation avec André Breton, Philippe Soupault, Louis Aragon, Paul Éluard, Francis Picabia. Pour elle, l’auteur dadaïste doit être « fou, bicéphale, notaire, tétrapode, bolchevik ; ramoneur ou paralytique ; onirique ou paranoïaque ».

Elle signe de multiples articles dans des revues anarchistes ou socialistes : Les Humbles, L’Insurgé, Le Libertaire, Clarté, La Volonté, L’Ordre naturel, L’En-Dehors, ainsi qu’entre 1923 et 1927, dans Le progrès civique, hebdomadaire publié par le Cartel des gauches. Activiste, elle prend la défense de prisonniers politiques, et s’oppose au traité de Versailles. Elle écrit la préface d’un livre sur le bagne (L’enfer du bagne de Tullio Murri, 1926). En 1925, elle participe à une brochure d’André Lorulot sur le thème L’impôt sur le capital sera-t-il bienfaisant ? Dans les années 1930, elle est membre de l’Union des intellectuels pacifistes (UIP).

Naturiste militante, elle rédige plusieurs articles ou brochures sur ce sujet : Le nudisme, revendication révolutionnaire (1928), La chair au soleil (1930), Le nudisme et la moralité (1933).

En 1923, elle contribue au livre de Georges-Anquetil et Jane de Magny L’amant légitime ou la bourgeoise libertine. Dans une lettre, publiée en annexe, aux côtés d’autres écrivains, elle donne son opinion sur la polygamie et la polyandrie et collabore en 1927 au livre de Maurice Hamel sur la prostitution. Dans La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse (1934) d’E. Armand, elle répond à des questions sur la sexualité dans les milieux progressistes, les drames passionnels ainsi que sur la camaraderie amoureuse.

Désireuse d’assumer sa liberté sexuelle, elle est l’une des premières femmes à publier des romans érotiques : L’amant trop aimé (1925), Les caprices du sexe (1928), Colette ou les amusements de bon ton (1936), Dévergondages (1937), Les jeux libertins (1929), Une môme dessalée (1927), La culotte en jersey de soie (1923)... Elle y fait montre d’une qualité d’écriture certaine : intensité de la langue, richesse du vocabulaire, recherche littéraire, en mettant en scène des personnages féminins qui envisagent, sans pudeur ni perversité, les expériences amoureuses les plus extrêmes. La Collection gauloise des éditions Prima en recueille la plupart des titres sous la forme de petits livres d’une cinquantaine de pages.

Elle traite aussi du genre historique en traitant des sujets comme la préhistoire (Magdeleine, 1926), Jules César (Le sexe et le poignard, 1928), la papesse Jeanne (1929), La sorcellerie (Les amantes du diable, 1929), Le Masque de fer (1929).

Eclectique, elle aborde le roman policier et la science-fiction : Le chat-tigre du service secret (1933), L’épouvantable secret (1934), Le meurtre du milliardaire (1934), La dernière jouissance (1925), roman de la fin du monde…

Dans Baal ou la magicienne passionnée (1924) elle montre des connaissances certaines en occultisme, en magnétisme et en magie. Membre très vraisemblable de la Fraternité des Polaires sous le pseudonyme de Jehan Sylvius, son intérêt pour l’occultisme se retrouve dans sa collaboration à la Grande encyclopédie illustrée des sciences occultes (1937).


Sa carrière littéraire la fit apparaître sous de multiples masques, dont Chiquita, Ethel Mac Singh, Luce Borromée, Laure Héon, A.R. Lyssa, Léa Saint-Didier, mais aussi M. de Steinthal, Jean Spaddy, Louise Dormienne, Renée Camera. A. de Sainte-Henriette, enfin Ky et Ky C. Sous le nom de Marcelle La Pompe (!) – domiciliée 69 ( !) rue du Chat Noir (tout un programme !), elle diffuse ce que l’on appellerait aujourd’hui un « flyers » bien rabelaisien…443dc9a1a70e5ad6f80fa20b00563ee5.jpg

Elle avait su brosser d’elle-même un portrait remarquable de concision, où elle se montre provocatrice, bolchevique et dadaïste de la première heure : « Je fais, sous toute une parade de pseudos, des articles, dont la critique à Floréal et je fais figurer les lettres françaises à Amsterdam et à Monaco par Rives d'Azur. La seule revue de France où il me soit également loisible de faire l'éloge de Lénine, de Rétif de la Bretonne et du Dadaïsme, s'il me chaut. »


Deux ans après sa mort, supposée le 8 août 1936, des lettres de son écriture sont retrouvées et Jean-Pierre Weber découvre qu'un certain « Georges Dunan » publie quelques textes avec la même plume. Georges décéda à Nice en décembre 1944… (cf à ce sujet Le ROCAMBOLE, Bulletin des amis du roman populaire n° 38, printemps 2007 : "Les réducteurs de textes". 176 p., 14 euros)

Liens (pas si courants) :

endehors 

ytak 

http://www.trussel.com/prehist/lemetal.htm

Enfer

Histoires littéraires 1 

Histoires littéraires 2

Nouvelles du Caire 

 

 

 

11.08.2007

IRENE HILLEL-ERLANGER

9fcd7237a180258fe64b9d0a538fc0de.jpgIrène Hillel-Erlanger, née Hillel-Maoach (30/06/1878 – 21/03/1920) avait épousé en 1902 le musicien Camille Erlanger, compositeur d'opéras, grand prix de Rome en 1888. Mère de l’historien Philippe Erlanger, fondateur du festival de Cannes.

Poête, écrivain, cinéaste, proche des dadaïstes, Irène Hillel-Erlanger tenait un salon fréquenté par les jeunes surréalistes et des écrivains et artistes comme Larbaud, Saint-John Perse, Paul Valéry,  Anna de Noailles, Van Dongen,  Louis Aragon, Jean Cocteau et Tristan Tzara. Elle collabora également aux premiers films de Germaine Dulac, dont elle écrivit les scénarios.

Elle fut l’auteur du mystérieux ouvrage « Voyages en kaléidoscope » signalé par Fulcanelli et Aragon, et de recueils de poésie sous le pseudonyme de Claude Lorrey.

Il est vraisemblable qu’elle ait inspiré à Aragon son très sulphureux « Con d’Irène », paru « sous le manteau », en 1928. Le livre ne put être vendu qu'après l'ajout d'un pseudonyme: "Albert de Routisie" et fut publié cinquante ans plus tard par Régine Desforges. En public, Aragon n'a jamais reconnu être l'auteur du "Con d'Irène" ; il l'a admis en privé.

LE SATANISME ET LA REPUBLIQUE

Pourquoi la République se préoccuperait-t-elle du Diable ?

Après tout, et à défaut de toute matérialisation dûment constatée et avérée, le Diable sous ses différentes appellations ne peut être considéré autrement que comme une croyance, et peu importe si à ce titre, et pour couvrir toute la gamme des sentiments, il est honni, craint, respecté ou vénéré.

Il résulte de ce principe qu'il ne peut être ni homologué ou reconnu par l'État, ni critiqué, condamné ou interdit par la loi républicaine.

Dès lors, comme tout sujet de croyance, le Diable dispose, en vertu de l'application rigoureuse de la loi de 1905 et des principes de laïcité, du droit de cité dans notre pays. Certains percevront comme un paradoxe le fait que la République ait dédiabolisé Satan et ses avatars. C'est pourtant le corollaire inévitable du droit accordé à tout citoyen de croire ou de penser en totale liberté et de pratiquer, éventuellement, le culte de son choix.

La seule limite, comme toujours, sera établie par le possible trouble à l'ordre public et par les atteintes aux lois et règlements, notamment les menaces pesant sur les droits de l'homme, la dignité et l'intégrité physique des adeptes ou des tiers.

Le Diable a connu, dans l'histoire de notre pays, bien des approches différentes, de la crainte obsessionnelle qu'il inspirait au Moyen Âge à la redécouverte de son pouvoir mythique et romantique au XIXe siècle en passant par le culte noir dont il a pu faire l'objet au milieu du XVIIe siècle.

Aujourd'hui les médias modernes ont contribué à en banaliser l'image, qu'il s'agisse du Méphisto du film La grande vadrouille bénissant les parachutistes anglais d'un retentissant : « Que Dieu vous garde », dans les égouts de Paris ou de la conscience dédoublée du chien Milou l'incitant, dans l'album Tintin au Tibet, à céder à la gourmandise au lieu de remplir son devoir de messager.

Le bon petit Diable de la comtesse de Ségur est aussi passé par là et le démon peut aujourd'hui faire rire.

Mais ces démons d'opérette ne doivent pas faire oublier que deux cents ans après le Siècle des Lumières, l'attrait des forces des ténèbres demeure bien réel pour certains penseurs et pour des adeptes, en nombre croissant depuis quelques années. Cette mode satanique s'accompagne d'un cortège d'exactions, de profanations de cimetières ou de lieux de cultes, de suicides, bref, de passages à l'acte qui, même s'ils ne sont pas très nombreux, restent extrêmement graves. Commis dans le cadre de croyances ou simplement dans un environnement sataniste plus ou moins virtuel, ces crimes et délits ou ces actes désespérés choquent profondément les familles et jettent le trouble dans l'opinion publique.

C'est la raison pour laquelle l'État ne peut se conduire en observateur neutre.

Les mineurs entraînés aux extrêmes de la spirale de la provocation morbide n'en ont pas trouvé le chemin sans aides ni conseils. Ils ont le plus souvent été victimes de leaders qui exerçaient sur eux une emprise intolérable. C'est quand satanisme rime avec dérives sectaires que les services de l'État doivent apporter aux familles, aux éducateurs et aux associations des réponses aux questions qu'ils se posent.

L'ambition du présent ouvrage est de fournir à tous ceux que le sujet préoccupe, un éclairage objectif, inquiétant sans doute mais nullement alarmiste, sur un phénomène qui peut dépasser, par ses proportions et ses conséquences, celui de la simple révolte de l'adolescence.

Jean-Michel Roulet,
préfet, président de la Miviludes

http://www.miviludes.gouv.fr/

 

10.08.2007

MAURICE MAGRE

d33475505b6b26985a20479522511b58.jpgMaurice Magre (2 mars 1877 à Toulouse - 11 décembre 1941 à Nice) poète, écrivain, dramaturge, occultiste  français.

Fils de Genty Magre (1877 – 1926), sous-préfet de Villefranche-de-Lauragais et frère d’André Magre (1873 – 1949), ami d'Albert Lebrun, Préfet, Conseiller d’Etat et Secrétaire Général de la Présidence de la République.

Maurice composa ses premiers poèmes à l'âge de 14 ans.
 

Ses premiers recueils de vers furent publiés en 1895. A partir de 1898, il fait publier à Paris successivement quatre recueils de poésies.

Ardent défenseur de l'Occitanie, il contribua grandement à faire connaître le martyr des Cathares du XIIIe siècle. En s’inscrivant dans la lignée de l'historien Napoléon Peyrat il préfèra souvent les légendes et l'épopée romanesque à la vérité historique.

Durant la première partie de sa vie, il mena une vie de bohème et de débauche et devint même opiomane et sataniste. Il expérimenta toutes les jouissances, rechercha toutes les extases. Malgré une réputation sulfureuse, il devint cependant un auteur célèbre et apprécié. A l'occasion de la parution d'un de ses livres en 1924, le Figaro écrit :

« Magre est un anarchiste, un individualiste, un sadique, un opiomane. Il a tous les défauts, c'est un très grand écrivain. Il faut lire son œuvre. »

C’est en 1919 qu’il avait découvert La Doctrine Secrète de Mme Blavatsky, la co-fondatrice de la Société théosophique.  S’intéressant à l’occultisme, il mène sa quête spirituelle, au sein de sociétés secrètes comme la Fraternité des Polaires, sans cesser de publier de nombreux ouvrages. Sous le psudonyme de René Thimmy, il publia notamment "La Magie à Paris".

En 1935, bien que malade, il entreprit un voyage vers les Indes pour rencontrer Sri Aurobindo dans son Ashram de Pondichéry.

Il fonda le 26 juillet 1937, avec Francis Rolt-Wheeler, la « Société des Amis de Montségur et du Saint-Graal ».

Il décède à Nice en 1941.

 

02.08.2007

KEES VAN DONGEN

4dd5931e1b9668905576f70e38a25f21.jpgCornelis (dit "Kees") Van Dongen (1877-1968) est l'illustrateur du mystérieux ouvrage dadaïste d'Irène Hillel-Erlanger, "Voyages en kaléidoscope".

Formé à l'Académie de Rotterdam, arrive à Paris en 1897, "un homme en salopette bleue, pieds nus dans ses sandales, la barbe rouge agrémentée d'une pipe et d'un sourire...", fait tous les métiers: lutteur, débardeur aux halles, démonteur de fètes foraines, caricaturiste pour des journaux, expose ses tableaux par terre devant le cirque Médrano, boulevard Rochechouart.

Il réalise des dessins humoristiques pour des journaux (Le Rire, L’Indiscret, etc.) à partir de 1901 ; il illustre un numéro de « L’assiette au beurre » sur la prostitution. Il peint quelques vues de Montmartre: le Moulin de la Galette, les filles du boulevard de Clichy, la fète foraine, rencontre Matisse et ses amis et collabore à des périodiques illustrés, entre autres, en 1901, en faisant un article sur les prostituées dénonçant leur misère et leur drame. En 1901, il se marie à l'église Saint Pierre de Montmartre. Fénéon le fait entrer dans "La Revue Blanche" en 1903, il expose au Salon des Indépendants de 1904, puis au Salon d'Automne et chez Vollard qui à l'époque est une des plus importantes galleries. Il a rencontré Derain, Vlaminck, Luce, Signac, Picasso et d'autres.

En 1906, Kees Van Dongen quitte l'impasse Girardon avec femme et enfant et emménage au 13 rue Ravignan, au bateau lavoir. Ils y occupent l'atelier au dessus de celui de Picasso. La vie de famille se fait au milieu de l'atelier, le poèle central sert aussi bien à la cuisine qu'à la lessive et la toilette, et l'on enjambe les pots à pinceaux, les récipients à essence, la cuvette pour l'eau forte...Ses amis y défilent: André Derain et Vlaminck qui, de Chatou lance le mouvement auquel se rallient bientot Matisse, Friesz et Dufy, nouveaux locataires du 12 rue Cortot et Georges Braque. De 1906 à 1909, il va développer deux thémes majeurs : les filles publiques et le cirque, partageant avec Picasso l’ambiance irréelle et poétique du cirque.

L’artiste devient dans la période d’avant-guerre le portraitiste du milieu mondain, il le restera pendant plusieurs décennies. Il réalise ses effigies en forçant le trait, souvent de manière cruelle, exagérant les maquillages jusqu’à faire des visages des masques artificiels. Le succès aidant, il va s’éloigner de Montmartre.

Et longtemps plus tard Kees nommera sa luxueuse villa de Cannes... "le bateau lavoir"...

Il connaîtra une période de purgatoire en France après la seconde guerre mondiale, ayant en 1941 participé à un voyage des artistes et écrivains français en Allemagne.

Il meurt à Monte-Carlo en 1968. 

 "Lorsqu'on s'est fait peindre par un peintre célèbre, il ne reste qu'une ressource: ressembler à son portrait." - Van Dongen

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