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23.11.2007
BETTENCOURT (André)
SIC TRANSIT GLORIA MUNDI !
"André Bettencourt est décédé lundi à l’âge de 88 ans. Figure de la droite en Seine-Maritime, représentant du courant dit “indépendant“, M. Bettencourt a occupé de multiples mandats, du local comme maire de la commune où il est né, Saint-Maurice d’Etelan, jusqu’au national comme membre de plusieurs gouvernements, une première fois en 1954 comme secrétaire d’Etat de Pierre Mendès-France, puis pratiquement sans discontinuer de 1966 à 1973 sous les présidences de Charles De Gaulle et de Georges Pompidou.
Né le 19 avril 1919, M. Bettencourt a débuté sa carrière d’élu au lendemain de la guerre dans le canton de Lillebonne dont il fut une première fois élu conseiller général en 1947 succédant à son père puis réélu en 1955, 1961, 1967 et 1973. En 1951 il devient député de la Seine-Maritime dans la 5ème circonscription qui allait alors de Lillebonne à Fécamp à travers le pays de Caux, sous l’étiquette de l’Union des indépendants et paysans. Il a été réélu jusqu’en 1973 sous l’étique des Républicains indépendants. Il n’est devenu maire de Saint-Maurice-d’Etelan qu’en 1965 après en avoir été conseiller municipal. Ayant laissé son mandat de député en 1978 à Charles Revet, il devient sénateur de Seine-Maritime réélu en 1986 jusqu’en 1995 pour son dernier mandat de parlementaire.
Mao-Tsé Toung
Au gouvernement, André Bettencourt a d’abord été secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil dans le cabinet de Pierre Mendès-France, où il était chargé de la coordination de l’information (1954). Après avoir soutenu le retour du général De Gaulle au pouvoir en 1958, il a attendu huit ans avant de revenir au gouvernement comme secrétaire d’Etat aux transports de Georges Pompidou (1966-67), puis secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (1967-1968), brièvement ministre des Postes et Télécommunications de mai à juillet 1968, ministre de l’Industrie dans le gouvernement de Maurice Couve de Murville (1968-69). Après l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République, il est nommé ministre délégué auprès du Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire (1969-72), chargé de l’interim du ministre des affaires culturelles (1970-71), et enfin ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Pierre Messmer (1972-73). A ce titre, il prépara le voyage de Georges Pompidou en Chine en septembre 1973 et fut l’un des rares hommes politiques français à avoir une conversation directe avec Mao-Tsé Toung.
La carrière politique d’André Bettencourt passa aussi par la toute nouvelle Haute-Normandie dont il fut président du conseil régional de 1974 à 1981. Il succédait à Jean Lecanuet qui occupa le poste quelques mois et dû laisser le fauteuil à Laurent Fabius en 1981, le mode désignation indirecte des conseillers régionaux accordant la majorité à la gauche après l’accession de François Mitterrand à la présidence de la République et l’élection de députés de gauche. Sur le plan politique, il fut l’une des pièces maîtresses du mouvement des Républicains indépendants de Valérie Giscard d’Estaing, puis du Parti Républicain.
Le Courrier Cauchois
André Bettencourt fut aussi un homme de presse plus particulièrement connu comme l’associé majoritaire et donc propriétaire du Courrier Cauchois, hebdomadaire édité à Yvetot qu’il a fondé en 1948 en fusionnant deux journaux locaux, Le Petit-Cauchois et le Réveil d’Yvetot. Très attaché à ce journal, il était soucieux de le voir refléter les valeurs morales, sociales et politiques auxquelles il croyait. Il y signait un éditorial à chaque échéance politique importante et pour les vœux de nouvelle année.
Cet intérêt pour la presse et la valeur de l’information, il l’avait aussi mesuré dans des circonstances condamnables sous l’Occupation où il signa des articles antisémites dans l’hebdomadaire Terre Française. S’il l’a regrettée par la suite, cette prise de position n’était pas un coup de folie mais dans le droit fil d’un engagement d’avant-guerre, comme membre de la Cagoule. C’est d’ailleurs dans les cercles d’étudiants d’extrême droite qu’il fit deux rencontres : celle de François Dalle qu’Eugène Schueller, son futur beau-père et patron de L’Oréal, fit président de l’entreprise de cosmétique, et celle de François Mitterrand dont il resta l’ami quelque furent leurs itinéraires politiques de l’après-guerre puis sous la Vème République.
A partir de 1942, André Bettencourt bascula dans le camp Allié au contact de services secrets américains en Suisse. Devenu résistant, il a été arrêté par les Allemands puis leur a échappé par un jeu de circonstances miraculeux. Pour sa conduite pendant la guerre, il a reçu la Croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la Croix de chevalier de la Légion d’honneur."
(c) Etienne Banzet (fil-fax 20/11/07)
Né le 19 avril 1919, M. Bettencourt a débuté sa carrière d’élu au lendemain de la guerre dans le canton de Lillebonne dont il fut une première fois élu conseiller général en 1947 succédant à son père puis réélu en 1955, 1961, 1967 et 1973. En 1951 il devient député de la Seine-Maritime dans la 5ème circonscription qui allait alors de Lillebonne à Fécamp à travers le pays de Caux, sous l’étiquette de l’Union des indépendants et paysans. Il a été réélu jusqu’en 1973 sous l’étique des Républicains indépendants. Il n’est devenu maire de Saint-Maurice-d’Etelan qu’en 1965 après en avoir été conseiller municipal. Ayant laissé son mandat de député en 1978 à Charles Revet, il devient sénateur de Seine-Maritime réélu en 1986 jusqu’en 1995 pour son dernier mandat de parlementaire.
Mao-Tsé Toung
Au gouvernement, André Bettencourt a d’abord été secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil dans le cabinet de Pierre Mendès-France, où il était chargé de la coordination de l’information (1954). Après avoir soutenu le retour du général De Gaulle au pouvoir en 1958, il a attendu huit ans avant de revenir au gouvernement comme secrétaire d’Etat aux transports de Georges Pompidou (1966-67), puis secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (1967-1968), brièvement ministre des Postes et Télécommunications de mai à juillet 1968, ministre de l’Industrie dans le gouvernement de Maurice Couve de Murville (1968-69). Après l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République, il est nommé ministre délégué auprès du Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas, chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire (1969-72), chargé de l’interim du ministre des affaires culturelles (1970-71), et enfin ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Pierre Messmer (1972-73). A ce titre, il prépara le voyage de Georges Pompidou en Chine en septembre 1973 et fut l’un des rares hommes politiques français à avoir une conversation directe avec Mao-Tsé Toung.
La carrière politique d’André Bettencourt passa aussi par la toute nouvelle Haute-Normandie dont il fut président du conseil régional de 1974 à 1981. Il succédait à Jean Lecanuet qui occupa le poste quelques mois et dû laisser le fauteuil à Laurent Fabius en 1981, le mode désignation indirecte des conseillers régionaux accordant la majorité à la gauche après l’accession de François Mitterrand à la présidence de la République et l’élection de députés de gauche. Sur le plan politique, il fut l’une des pièces maîtresses du mouvement des Républicains indépendants de Valérie Giscard d’Estaing, puis du Parti Républicain.
Le Courrier Cauchois
André Bettencourt fut aussi un homme de presse plus particulièrement connu comme l’associé majoritaire et donc propriétaire du Courrier Cauchois, hebdomadaire édité à Yvetot qu’il a fondé en 1948 en fusionnant deux journaux locaux, Le Petit-Cauchois et le Réveil d’Yvetot. Très attaché à ce journal, il était soucieux de le voir refléter les valeurs morales, sociales et politiques auxquelles il croyait. Il y signait un éditorial à chaque échéance politique importante et pour les vœux de nouvelle année.
Cet intérêt pour la presse et la valeur de l’information, il l’avait aussi mesuré dans des circonstances condamnables sous l’Occupation où il signa des articles antisémites dans l’hebdomadaire Terre Française. S’il l’a regrettée par la suite, cette prise de position n’était pas un coup de folie mais dans le droit fil d’un engagement d’avant-guerre, comme membre de la Cagoule. C’est d’ailleurs dans les cercles d’étudiants d’extrême droite qu’il fit deux rencontres : celle de François Dalle qu’Eugène Schueller, son futur beau-père et patron de L’Oréal, fit président de l’entreprise de cosmétique, et celle de François Mitterrand dont il resta l’ami quelque furent leurs itinéraires politiques de l’après-guerre puis sous la Vème République.
A partir de 1942, André Bettencourt bascula dans le camp Allié au contact de services secrets américains en Suisse. Devenu résistant, il a été arrêté par les Allemands puis leur a échappé par un jeu de circonstances miraculeux. Pour sa conduite pendant la guerre, il a reçu la Croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la Croix de chevalier de la Légion d’honneur."
(c) Etienne Banzet (fil-fax 20/11/07)
22:47 Publié dans Personnalités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bettencourt, cagoule, schueller, mitterrand




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