20.08.2006
RUE ALFRED-DURAND-CLAYE
La rue Durand-Claye a été le lieu, en 1930, d'un drame de la jalousie : la diva tunisienne, Habiba Msika, maîtresse du roi Fouad d'Egypte, y fut brûlée vive par l'un de ses ex-amants. L'artiste Niki de Saint-Phalle (1930 – 2002) y habita un temps.
12:45 Publié dans Lieux et liens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.08.2006
LE TEMPLE DE L'AMITIE
(D'après l'excellent site http://www.ruevisconti.com/LaRueMysterieuse/TempleAmitie.... et d'autres sources)
Le Temple de l'Amitié se situe au coin nord-ouest de la parcelle du 20, rue Jacob. Il est à 25 m de la rue Visconti et à 50 m de la rue Jacob, dans le VIe arrondissement à Paris. La légende a longtemps désigné le temple comme celui d'Adrienne Lecouvreur. Le Maréchal de Saxe, son amant, l'aurait fait bâtir en son honneur. On a dit qu'il s'agissait du pavillon destiné à abriter la maîtresse ou au contraire son tombeau : "Il y a quelqu'un d'enterré là-dessous ; c'est un tombeau d'amour". De nombreux articles ou références au lieu reprennent cette légende, se copiant les uns les autres sans vérification. On a même pu lire qu'un souterrain, introuvable, aboutissait sous le temple.
Or l'information est assurément fausse, d'une part parce que l'époque à laquelle a vécu la célèbre actrice (1692-1730) n'est pas compatible avec la datation, même approximative du temple. D'autre part, il est plus fort peu probable que le Maréchal de Saxe ait voulu édifier un monument à Adrienne, car si elle était passionnément amoureuse, lui était volage et plutôt indifférent à sa passion… Cependant, c'est bien les bustes d'Adrienne Lecouvreur et celui du Maréchal de Saxe qui ont trôné longtemps dans les niches du Temple et c'est aussi le buste de l'actrice que l'on retrouve en haut de la façade du petit pavillon. Ils ont probablement été ajoutés à la fin du XIXe ou au début du XXe sur la foi de cette légende persistante.
Au début du XXe siècle, une légende naissante rejoint le Temple de l'Amitié. Natalie Clifford Barney est une riche héritière américaine, originale autant par sa fortune que par son mode de vie, son goût pour la littérature et l'art en général et son oisiveté assumée. Très tôt, elle choisit la France, sans doute pour sa réputation de tolérance et le foisonnement de sa vie intellectuelle. Fréquentant la haute société, elle noue de nombreux contacts avec les artistes et écrivains de l'époque (voir www.natalie-barney.com).
C'est une douloureuse passion amoureuse qui la conduira rue Jacob. Le tempérament mélancolique et désespéré de sa compagne, Renée Vivien, amènera en effet Natalie Barney à chercher dans Paris une nouvelle adresse où emménager : "Tout en sentant que son désespoir dépassait tout secours humain, je voulus quitter ma maison de Neuilly, afin d'attendre son retour dans un lieu nouveau où ne l'accueillerait aucun mauvais souvenir. J'avais cherché, et finalement trouvé une demeure entre cour et jardin dans la rue Jacob où je devins la vestale d'un petit Temple de l'Amitié". En 1909, elle devient donc à 32 ans la locataire du petit pavillon avec sa véranda et son appentis, les jardins et le Temple de l'Amitié. Renée Vivien mourut quelques semaines plus tard sans avoir jamais connu le 20, rue Jacob.
La rue Jacob devint le point de mire des intellectuels lorsqu'elle lança dès octobre 1909 ses "Vendredis", un salon essentiellement littéraire. C'était un lieu de rencontre et d'échange à vocation internationale que Hemingway, Proust et Joyce fréquentèrent. On y lisait des textes (Paul Valéry y a donné lecture, en première audition, du "Cimetière marin") et des poèmes, Natalie lisant parfois ses propres traductions en français
L'Amazone maintiendra son salon littéraire jusque dans les années 50. Mais "les guerres, les morts dispersèrent les amitiés groupées autour de Miss Barney qui cessa de recevoir et de se rentre dans le Temple, pour se réfugier dans sa proche maison". Et puis le monde "sembla avoir oublié la rue Jacob"…
"L'entretien du bâtiment s'en trouva naturellement lié à ce rythme : c'est dire qu'il se fit de plus en plus rare, pour devenir inexistant. Chaque année, la végétation accroît son emprise, envahit le porche et contribue à altérer la couverture". Le Temple tomba petit à petit dans l'oubli.
Pour marquer l'intérêt de l'Etat français, le Temple de l'Amitié est inscrit le 16 janvier 1947 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques mais cela n'entraînera pas d'opération de sauvegarde.
Le 30 novembre 1966, tournant dans l'histoire du Temple de l'Amitié, Michel Debré, ancien Premier Ministre et Ministre de la Défense à l'époque, rachète une partie du 20, rue Jacob, le pavillon inclus, à Bernheim Frères et Fils. Cette acquisition marque le début d'une longue série de scandales et de démêlés judiciaires qui dureront plus de dix ans.
"Impatient d'en récupérer la jouissance pour en faire sa propre maison de ville", Michel Debré obtient au tribunal l'expulsion de Miss Barney alors âgée de 90 ans et souffrante, expulsion exécutoire quatre années après avoir été signifiée. Philosophe, l'Amazone se contenta de critiquer le manque de tact du propriétaire qui lui a fait expédier le "papier timbré" en son absence, en plein été.
L'"Amer Michel", comme l'appelle le Canard Enchaîné, ne désarme pas pour autant. Il semble que l'Amazone subisse alors une sorte de harcèlement. Affirmant que le pavillon est sur le point de s'écrouler, un architecte est convoqué pour examiner les appartements de Miss Barney et recommande opportunément des travaux de consolidation. En conséquence, des charpentiers de Paris bardent d'étais dans les bâtiments et dans toutes les pièces, jusqu'à condamner la cuisine. Cerise sur le gâteau, le chauffage s'arrête de fonctionner. Soixante ans de charme sont rompus. Miss Barney est plus que troublée dans sa retraite par les ouvriers qui en plus, préparent les chantiers à venir, entreposant du matériel de construction dans son jardin et tentant de rentrer chez elle. L'Amazone finit en perdre le sommeil, l'appétit et sa légendaire sérénité. Elle s'insurge en effet dans France-Soir du 12 octobre 1968 : "Mon salon est un monument de la littérature contemporaine : personne n'a le droit de le modifier. J'ai fait le serment de rendre l'âme là où l'esprit a régné".
Natalie Clifford Barney, l'Amazone, la vestale des lieux depuis plus de soixante ans finit par se résoudre à quitter son pavillon devenu inhabitable avec la ferme intention de revenir "au printemps prochain". Le 3 février 1972, elle décède à l'age de 94 ans à l'hôtel Meurice où elle avait trouvé refuge, sans avoir pu retourner chez elle…
18:30 Publié dans Lieux et liens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
RUE RAYNOUARD...
5 rue Raynouard : Villa Dupont, habitée par Maurice LEBLANC (l'auteur célèbre d'Arsène Lupin)
47 rue Raynouard : la Maison de Balzac, restaurée par L. ALLAINGUILLAUME
51 rue Raynouard : maison occupée par le supposé synarque Jean COUTROT, où il décéda le 19 mai 1941, d'un suicide par défenestration
69 rue Raynouard : louée par Georgette LEBLANC, célèbre diva de l'époque, soeur de Maurice et maîtresse de Maurice MAETERLINCK ; membre de la société secrète saphique "THE ROPE" dirigée par GURDJIEFF
XX rue Raynouard : Joseph-Charles MARDRUS, né au Caire en 1868, mari de la poêtesse Lucie DELARUE-MARDRUS, née en 1880, adepte des plaisirs saphiques, amante de Natalie Clifford Barney. Les MARDRUS fréquentaient le couple MAETERLINCK - LEBLANC
XX rue Raynouard : Elisabeth de Gramont, amante de Natalie Clifford Barney, aristocrate de vieille souche, aventurière et écrivain.
16:50 Publié dans Lieux et liens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



