01.03.2008

LISTE DES NOTICES SUR LES SOCIETES SECRETES

 
- A - 

AROT
02.09.2007

- C -

CENTRE APOSTOLIQUE
13.08.2006

- F -

FUDOSI
30.07.2007

- H - 

H. B. of L.
28.07.2007

- P - 

POLAIRES
14.08.2006


- S - 

SYNARCHIE
20.01.2007
SOCIETE THEOSOPHIQUE
13.08.2006

25.11.2007

L'ETOILE INTERNELLE

Les informations dont on peut disposer sur cette organisation sont à la fois partielles et partiales. Le chercheur rencontre, à son étude, des personnages ambigüs: René Guénon, Louis Charbonneau-Lassay (l’archéologue de Loudun), bien sûr, mais aussi l’écrivain Jean Tourniac, le Cardinal Tisserand (qui fut peut-être l’un des Grands-Maîtres de l’Etoile Internelle). L’on y rencontre également un curieux Dominicain, le père Gorce, qui fut le collaborateur de Monseigneur Tisserand.

On a assisté récemment à une sorte de renaissance de l’Ordre du Paraclet, avec Henri Montaigu. Il existait, il y a encore peu de temps, certains liens sur Internet conduisant au site de « La Confrérie du Paraclet » :

http://www.geocities.com/Athens/7204/

La société d’éditions « La Place Royale » y fait également référence (Frédéric Luz), ainsi que plusieurs sites dédiés à Guénon. Des révélations intéressantes sur les relations de Guénon, Charbonneau-Lassay et l’Etoile Internelle y ont même figuré. Ce qui est indiqué ci-après est issu d’autres sources...

En fait, l’Etoile Internelle est une société ésotérique et chrétienne. Elle aurait été, en quelque sorte, l’ordre intérieur de la Société du Paraclet.  L’«Imperator » (Grand-Maître) de l’Etoile Internelle semble connu du Vatican. Le pape aurait toujours nommé cardinal cet Imperator.

D’après le peu d’informations que l’on peut avoir, le culte privé pratiqué par les membres de l’Etoile Internelle ressemblait à celui des Pénitents, dont on sait à peu près ce qu’il y avait dans les chapelles privés (accessoires militaires, épées, lances....). Une liaison est possible avec la légende du Graal.

02.09.2007

L'AROT

L'A.R.O.T.

  

L’A.R.O.T. (Association pour la Rénovation de l’Occultisme Traditionnel) était un groupement ayant pour but l’étude et la mise en application des Sciences Initiatiques. Elle a été fondée dans les années 1930 au 15, rue Lord Byron, par Mme Maryse Choisy et par Jules Boucher (alias Leo Ruber, alias Julius Bellifer, alias J.B. 1902 - 1955).

Elle était théoriquement, « ouverte à toute personne ayant le désir sincère de s’élever spirituellement ».

Le Comité Directeur se réservait le droit de refuser l’admission ou de prononcer la radiation de toute personne dont les idées et les actes seraient contraires à l’esprit de l’A.R.O.T.

En quoi consistait cet esprit ?

L’A.R.O.T. ne dépendait d’aucune confession religieuse. Elle posait en principe le « véritable Esotérisme qui est l’essence même des religions ». L’esprit sectaire était donc banni du groupement, qui professait la plus large tolérance et respectait toutes les croyances.

Les affiliés étaient invités à appliquer entre eux les règles de la courtoisie la plus parfaite, et à pratiquer l’entr’aide effective. Ils s’engageaient à « accepter les directives du Comité de l’A.R.O.T. ». Après un enseignement général d’une durée plus ou moins longue (selon les décisions discrétionnaires du Comité), et après des épreuves probatoires « réellement sérieuses », les membres de l’A.R.O.T. pouvaient, en se conformant aux directives, choisir une branche déterminée de l’enseignement qui leur était donné et s’y spécialiser.

Quel enseignement ?

Les investigations et les leçons portaient sur :

1° Les Religions comparées, l’Esotérisme ;

2° Les Doctrines Hindoues, le Yoga ;

3° L’Alchimie, la Spagyrie, l’Hermétisme ;

4° L’Astrologie judiciaire et cabalistique ;

5° Les Méthodes de développement psychique ;

6° La Radiesthésie, la Voyance ;

7° La Magie, l’Hypnotisme, le Magnétisme.

 

Le « Logo » de l’A.R.O.T.

836363a7df780411b1ec57268942077e.gifTrois Cercles sont l’image de la protection magique traditionnelle. Les lettres A. R. O. T. sont disposées de manière à pouvoir êtrc lues en cercle, en commençant par l’une quelconque d’elles.

Ainsi : T. A. R. O. Le Tarot. Les Arcanes Initiatiques : l’Epée et le Bâton, au centre, la Coupe et le Denier, symbolisés par le Cercle.

L’Epée correspond au Feu ; le Bâton à l’Air ; la Coupe à l’Eau ; le Denier à la Terre.

Cabalistiquement, les quatre lettres A.R.O.T. correspondent : A au feu, R à l’Air, O à l’Eau, T à la Terre.

Puis R.O.T.A. En latin, la Roue du Devenir. A et O, c’est l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin.

Au centre, le Glaive et la Baguette sont les attributs du Mage. Ils correspondent aux deux pôles actif et passif, à l’attraction et à la répulsion. Au « COAGULA, SOLVE ».

La Baguette concentre et condense les fluides et le Glaive disperse et dissout.

Le Cercle est la protection du Mage, c’est l’affirmation de sa volonté.

T.O.R.A. En hébreu Thora veut dire la Loi. C’est la Loi de l’Evolution. Au centre, la Croix de Saint-André, l’X est la lettre grecque khi, initiale des mots Koné, Krusos et Kronos, le Creuset, l’Or et le Temps, triple inconnue du Grand OEuvre.

La Croix de Saint-André est l’hièroglyphe, réduit à sa plus simple expression, des radiations lumineuses émanées d’un foyer unique.

Enfin, A,R,O,T. C’est la synthèse des trois cercles magiques protecteurs. Les deux Roses + Croix placées dans le cercle sont inversées, l’une est noire et l’autre blanche, elles sont le symbole de l’Involution et de l’Evolution, tout comme le Sceau de Salomon, étoile à six pointes, qui figure dans le second cercle.

 

30.07.2007

FUDOSI

F.U.D.O.S.I.

Organisation affiliées :

1. ORDRE DE LA ROSE+CROIX UNIVERSELLE (Sar Hieronymus)
2. ORDRE DE LA ROSE+CROIX UNIVERSITAIRE (Sar Hieronymus, Sar Elgrim)
3. ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE+CROIX (Sar Yesir representing Lucien Mauchel)
4. CONFRERIE DES FRERES ILLUMINES DE LA ROSE+CROIX (Sar Amertis)
5. A.M.O.R.C. U.S.A. (Sar Alden, Sar Emmanuel, Sar Iohannes)
6. MILITIA CRUCIFERA EVANGELICA (Sar Alden)
7. ORDRE ANCIEN ET MYSTIQUE DE LA ROSE+CROIX AMORC-Switzerland (Sar Amertis representing sar Alkmaion)
8. SOCIETE ALCHIMIQUE DE FRANCE (Sar Amertis)
9. ORDRE DES SAMARITAINS INCONNUS (Sar Amertis)
10. ORDRE HERMETISTE TETRAMEGISTE ET MYSTIQUE or ORDRE PYTHAGORICIEN (Sar Succus, Sar Helios)
11. ORDRE MARTINISTE ET SYNARCHIQUE (Sar Yesir)
12. FRATERNITE DES POLAIRES (Sar Yesir)
13. ORDRE MACONNIQUE ORIENTAL DE MEMPHIS-MIZRAIM STRICTE OBSERVANCE (Sar Iohannes, Sar Ludovicus)
14. CO-MASONIC ORDER OF MEMPHIS-MIZRAIM (Sar Laya, Sar Fulgur)
15. L'EGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE (Tau Targelius=Victor Blanchard)
16. SOCIÉTÉ d'ETUDES ET DE RECHERCHES TEMPLIÉRES (Sar Gregorius)
17. SOCIÉTÉ d'ETUDES MARTINISTES (founded by Sar Lilium)
18. UNION SYNARCHIQUE DE POLOGNE (Dr. Tarlo Mazinski )
19. ORDRE MARTINIST TRADITIONNEL (Sar Augustinus)
20. ORDER OF THE LILY & THE EAGLE (Sar Lilium)

Dignitaires
1. SAR HIERONYMUS, Emile Dantinne - Belgium. Imperator .
2. SAR ELGRIM, Jean Mallinger - Belgium. Secretary (Imperator of the '51 Convention*)
3. SAR ALDEN, Harvey Spencer Lewis - U.S.A. Imperator 1934-1939(+)
4. SAR VALIDIVAR, Ralph Maxwell Lewis - U.S.A. Imperator 1939-1951
5. SAR IOHANNES, Hans Grueter - France
6. SAR PURITIA, Jeanne Guesdon - France
7. SAR EMMANUEL, Many Cihlar - Austria
8. SAR YESIR, Victor Blanchard - France. Imperator 1934-1939
9. SAR ARTEMIS, August Reichel - Switzerland. Left in 1935, he later joined Chevillon and Clymer's F.U.D.O.F.S.I. (together with Raoul Fructus, member of the "Sovereign Coucil" of the M.'.M.'. on the '34 Convention, Fructus died in '45 as a victim of the Nazi-occupation)
10. SAR ALKMAION, Edouard Bertholet - Switzerland
11. OR-ZAM PHANAR, Armand Rombauts - Belgium
12. SAR SUCCUS, Francois Soetewey - Belgium
13. SAR HELIOS, Marc Lanval
14. SAR LUDOVICUS, Colonel Fitau, Consul of Chile, 'died in 1939
15. SAR LAYA
16. SAR FULGUR, Maurice De Seck - Austria
17. SAR GREGORIUS, André Cordonnier - France. Assistant-Imperator on the '46 Convention
18. SAR NITRAM, Lydie Martin - France
19. SAR AGNI, Leon Lelarge - Belgium. Secretary of Emile Dantinne.
20. (MIKAEL) SAR EQUES ROSAE CARITAS, Georges de Lagréze - France
21. SAR PASCAL, Fr. Hutin , died in 1945 (victim of the Nazi-occupation)
22. SAR IGNIS, Nico Wolff - Belgium, died in 1943 (victim of the Nazi-occupation)
23. SAR LAMPAS, Belgium
24. SAR LILIUM, Eugène Dupré - France - 'died in a bombing-raid in 1944
25. SAR APPOLONIUS, Rochat de L'Abbaye - France
26. SAR AUGUSTINUS, Augustin Chaboseau - France. Imperator 1939-1946
27. GALAAD, Jean Chaboseau - France. Son of A.Chaboseau, left in 1947 after he tried to disband the Martinist Supreme Counsil
28. SAR RENATUS, René Rossart - Belgium
29. SAR LEUKOS, U.S.A. President of the "Council of Regency"
30. SAR KRYPTOS, George Delaive - Belgium
31. SAR PHALGOS, Jules Boucher - France
32. SAR PLACIDUS, Frater Coops - the Netherlands
33. SAR SAPIENS, Lucien Francois
34. SAR IGNIFER , Jules Boucher
and SAR AKHNATON, SAR ESSENIUS, , SAR MARE [SAR MARNES], SAR SIGNUM, SAR VIATO, SAR AM-ON-RA, SAR EMILIUS ...

28.07.2007

L’H. B. of L.

Certains auteurs indiquent qu'Helena Petrovna Blavatsky et Henry Steele Olcott auraient fondé la Société Théosophique à la suite de leur exclusion d'un Ordre mystérieux : l'H. B. of L., c'est-à-dire l'Hermetic Brotherwood of Luxor (Fraternité Hermétique de Louxor).

La légende veut que cette fraternité tire ses origines d’un ordre fondé plus de six mille ans auparavant dans " l'île de l'Ouest actuellement disparue " (l'Atlantide), Thèbes et Louxor ayant été ses centres d'activités. Cet ordre aurait été à l'origine de tous les grands mouvements initiatiques comme celui de la Rose-Croix.

Vers 1870, l'H. B. of L. ouvre un cercle extérieur pour lutter contre les dangers que faisait courir à l'Occident le scientisme. Cette fraternité entreprend de restaurer l'ésotérisme occidental en lui donnant un aspect scientifique. Elle veut aussi stopper l'expansion de la Société Théosophique, qu'elle accuse de vouloir " vicier l'esprit de l'Occident et l'entraîner sous la domination de la pensée orientale ".

A ce titre, cet Ordre est anti-réincarnationiste. Le cercle extérieur de la Fraternité Hermétique de Louxor a été fondé par un polonais, Louis-Maximilien Bimstein (1847-1927), dit Max Théon ou Aïa Aziz, un personnage singulier doué de facultés psychiques étonnante. En 1870, il s'installe en Angleterre et choisit quelques membres, notamment Peter Davidson et Thomas H. Burgoyne. Le premier devient le Grand Maître de l'H. B. of L..

Papus, qui fut membre de cet Ordre, considérait Peter Davidson comme son " maître en la pratique ". En France c'est F.-Ch. Barlet (Albert Faucheux, 1838-1921), qui dirige l'Ordre. Il faut noter que la plupart des membres fondateurs de l'Ordre Martiniste sont membres de l'H. B. of L., qui pendant quelque temps constitue une sorte de cercle intérieur du Martinisme, cercle qui sera bientôt remplacé par l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.

Entre 1885 et 1886, l'H. B. of L. publie une revue, l'Occult Magazine. Thomas H. Burgoyne et Peter Davidson y écrivent en utilisant comme pseudonymes Zanoni et Mejnour, les deux Rose-Croix de Zanoni.

De même, F. - Ch. Barlet utilise le surnom de Glyndon, un autre personnage de ce roman, pour signer ses textes dans la revue L'Anti-Matérialiste. L'H. B. of L. ne fut guère active que de 1870 à 1886 et bien qu'elle n’ait jamais compté plus d'une poignée de membres, elle eut une influence importante.

A partir de 1886, Max Théon se désintéresse de l'H. B. of L. et quitte Londres pour s'installer en Algérie, à Tlemcen. Cet Ordre tombe alors en sommeil et Max Théon tente d'instaurer le Mouvement Cosmique, un groupe qui restera marginal. C'est à Tlemcen que Max Théon recevra, entre 1904 et 1906, celle qui sera bientôt l'associée de Shri Aurobindo, Mirra Alfassa, c'est-à-dire Mère (1878-1973). Les idées de Max Théon auront d'ailleurs une certaine influence sur Shri Aurobindo.

(c) Christian Rebisse

20.01.2007

LE MOUVEMENT SYNARCHIQUE D'EMPIRE

Bien que le Martinisme n’ait aucune vocation ou action politique, certains de ses membres n’ont pas manqué, à l’extérieur, de répandre au moins les idées synarchistes. La présence de la Synarchie semble par exemple évidente chez Rudolf Steiner. Elle transparaît dans sa conférence intitulée Le triple Aspect de la Question sociale.

Les prémisses d’une synarchie politique

Les membres de la Société Théosophique se sont également intéressés à la Synarchie, en particulier Liévin Revel et son fils Gaston (+1939). La famille Revel était convaincue de l’intérêt de la Synarchie. Comme beaucoup, le bouleversement de la Première Guerre mondiale les avait conduits à s’interroger sur la nécessité de rénover la société. Dans ce but, Gaston Revel créa l’Affranchi (1917-1919), un journal qui se voulait à la recherche de structures sociales propres à instaurer un esprit nouveau dans l’ordre spirituel, intellectuel et moral. Il portait comme sous-titre : L’évolutionnisme en sociologie, Philosophies connues et inconnues, puis à partir de la fin de 1917, Hiérarchie, Fraternité, Liberté.

René Schwaller, qui était également théosophe, et Milosz s’impliquèrent dans cette action qui s’inscrivait dans le sillage du Groupe Apostolique, cercle extérieur du culte de Tala des Frères d’Elie. Cette mouvance regroupait aussi des revues comme L’Art, la Revue Baltique , le Dra­peau Bleu. En juillet 1919, l’Affranchi disparaît pour donner naissance à la Fraternité des Veilleurs, une association fraternelle pour la vie meilleure influencée par le Four­niérisme. Sous l’impulsion de René Schwaller de Lubicz, ce groupe sera très sensible aux idées de Saint-Yves d’Alveydre.

Vivian Postel du Mas ( ? – + v. 1944-1950 ?)

Contrairement aux Ordres Martinistes, le Mouvement Synarchiste d’Empire (ou M.S.E.) fut se considéra comme un groupe d’action politique, bien qu’il soit issu d’une société de réflexion spirituelle. Il se voulait en dehors et au-delà du conflit traditionnel droite-gauche, à l’opposé de Jollivet Castelot qui se rangea résolument dans le camp « pro­gressiste ».

D’après le Pacte Synarchiste, le Mouvement Synarchiste d’Empire en 1922 « du besoin de définir par la pensée, par l’expérience et par l’action le sens de l’actuelle Révolution mondiale ». Il s’extériorisa vers 1936 par le groupe des « Pionniers Européens », au sein de la branche schismatique Kurukshétra de la Société Théosophique. Il était animé par Vivian Postel du Mas (auteur du Schéma de l’Archétype social) et Jeanne Canudo « Krya » (veuve du cinéaste italien Riciotto Canudo) qui rédigèrent vers 1937 le fameux « Pacte synarchique révolutionnaire ». Le siège du mouvement était situé à l’hôtel des sociétés savantes au 28 de la rue Serpente , à Paris, mais ses activités se passaient dans un grand appartement du boulevard Saint-Germain, au-dessus des jardins de Cluny.

Vivian Postel du Mas était un personnage étrange, qui aimait le mystère. Très marqué par l’Orient, il a été membre de la Fraternité des Veilleurs ainsi que des Polaires. De la même façon que pour le Pacte Synarchiste Révolutionnaire pour l’Empire Français, son livre Schéma de l’archétype social n’est pas signé. Très marqué les idées du comte Richard Coudenhove-­Kalergi (1894-1972), diplomate autrichien fondateur du Mouve­ment Paneuropéen, Vivian habille ses Pionniers Européens en Chevaliers du Temple, avec de longues capes rouges et des bottes de cheval.

Il est désireux d’agir et sera aidé par Jeanne Canudo, veuve du cinéaste italien Ricciotto Canudo. Leur groupe est à l’origine de la réunion des Etats Généraux de la Jeunesse en 1934. C’est le quotidien radical La République qui en assura la promotion. Le 23 juin 1934, quatre-vingt délégués de nombreux mouvements sont rassemblés sur un large éventail politique. Puis eurent lieu les Etats Généraux de la Femme, de la Jeunesse Européenne en 1937, avec, au regret de Postel du Mas, l’absence de la jeunesse allemande.

Le groupe théosophique de la Kurukshétra, n’était constitué que d’une vingtaine de membres peu influents. Nous savons par les mémoiresde Maurice Girodias, un membre du groupe, éditeur et fondateur après 1945 de la revue Critique ainsi que des éditions du Chêne, qu’un texte ronéotypé aurait été rédigé au sein de leur groupe. Ce document, diffusé ensuite par l’intermédiaire de Jeanne Canudo, serait à l’origine du Pacte Synarchiste Révolutionnaire pour l’Empire Français.

Jeanne Canudo ( ? - + v. 1946 - 1950 ?)

Jeanne Canudo était surtout Martiniste. Qualifiée par Girodias d’ « Egérie occulte »des partis radicaux et socia­listes elle est pourtant totalement ignorée des historiens du radica­lisme. Elle fut très liée à Constant Chevillon, puis à Victor Blanchard, avant de rejoindre l’Ordre Martiniste Traditionnel.

En 1946, Jean Chaboseau lui demandera de se joindre au Suprême Conseil de l’O.M.T. Cet­te décision sera critiquée par Jules Boucher, alors Grand Secrétaire de l’Ordre. La suspec­tant d’être Synarchiste (peut être du fait de certaines relations équivoques qu’elle aurait eue pendant l’Occupation), il s’oppo­sera à sa nomination comme membre du Suprême Conseil. Jeanne Canudo s’en défendra et pour répondre à ces accusations, elle écrira à Jean Chaboseau à propos de la Synarchie : «J’en connais l’aspect philosophique et philosophie sociale (sic). J’ignore tout de l’aspect complot, si com­plot il y a ?... ». Comme le montre l’ensemble de sa correspondance qui figure dans les archives de l’Ordre Martiniste Traditionnel (et notamment sa lettre à Jean Chaboseau du 9 janvier 1946), à aucun moment elle n’évoque un quelconque projet ou des idées ayant un rapport, direct ou indi­rect, avec le Mouvement Synarchiste d’Empire.

Membre de l’Ordre International Mixte Le Droit Humain, elle fut, après la Libération, gérante des Editions J .-B. Janin, puis membre de l’organe dirigeant du Mouvement Fédéraliste Franco-Allemand.

De la Fraternité des Veilleurs au Mouvement Synarchiste d’Empire

On avait pu le voir « outrageusement peint », dans les années 1910, fréquentant les salons littéraires – et particulièrement celui de Rachilde - dans le sillage de Valentine de Saint-Point, la compagne de Ricciotto Canudo.

Théosophe, Vivian du Mas avait fait ses premières armes dans la Fraternité des Veilleurs de Schwaller de Lubicz, qui eut une grande influence dans les milieux artistiques, et dont les idées étaient en partie inspirées de Saint-Yves d’Alveydre.

Vivian du Mas et Jeanne Canudo avaient aussi fait partie de la Fraternité des Polaires, mais ils semblent l’avoir quittée lorsque Blanchard en prit la direction. Par la suite Jeanne Canudo fréquenta les loges martinistes et le « Collège d’occultisme» de Chevillon sans que ce dernier ne soit cependant impliqué dans le Mouvement Synarchiste d’Empire. Notons aussi qu’il n’y eut aucun lien entre le M.S.E. et la FUDOSI (Fédération Universelle des Ordres et Sociétés initiatiques) ; certes les membres  du M.S.E. se voulaient « initiés » et sans doute les adeptes de la FUDOSI souhaitaient-ils un Monde régi par des principes spirituels; mais l’on ne trouve aucune person­nalité qui ait participé aux deux organisations à la fois.

Vivian du Mas imposait une discipline ascétique aux adeptes de son groupe. Il souhaitait créer une sorte de nouvel Ordre du Temple dédié à la spiritualisation de la politique. L ’un des buts principaux du M.S.E. était la création d’une Pan-Eurafrique, sorte d’Empire fédéral eurafricain géré selon les principes synarchiques, à côté d’autres Empires similaires (Pan-Amérique, Pan-Asie, etc.). Dans cette perspective, Vivian du Mas se référait volontiers aux idées du comte Richard Coudenhove-­Kalergi (1894-1972), diplomate autrichien, fondateur du Mouvement Paneuropéen.

Excepté dans son Pacte Synarchiste, le M.S.E. ne se manifesta pas ouvertement sous cette appellation. De la même manière, bien qu’il existe une édition hors commerce du Schéma de l’archétype social sous la signature de Vivian du Mas, son édition publique n’est signée que « le Synarque S.P.M. ».

En fait, le M.S.E. n’avait nul besoin de faire tous ces mystères pour défendre ses idées. Cependant Vivian du Mas, par sa pratique de l’occultisme, avait le goût de l’action secrète et il aspirait sans doute à égaler ces mystérieux Maîtres réalisés de la Théosophie qui composent la hiérarchie invisible de l’Humanité et orientent les destinées du Monde.

Aussi le M.S.E., sans pour autant se dévoiler, semble avoir eu une certaine action extérieure, mais hors des circuits politiques clas­siques, en organisant par exemple des « Etats généraux » qui devaient permettre de faire adopter les thèmes synarchiques, comme axe unificateur, à des groupes apparemment opposés.

Le groupe du Mouvement Synarchiste d’Empire, qui ne comptait guère qu’une vingtaine de personnes, n’était en fait pas bien inquiétant. Cependant, en diffusant sous le manteau leur mystérieux Pacte synarchique révolutionnaire dans les années troubles précédant la guerre, ces apprentis sorciers réussirent à créer le fameux mythe du complot synarchique qu’on accusa à la fois sous Vichy et à la Libération de tous les maux qu’avait connus la France. Les synarques préfé­rèrent donc rester dans l’anonymat; cependant quelques-uns recréèrent en 1946 un « Collège de l’Ordre Socialiste » qui n’eut qu’une existence éphémère.

14.08.2006

LA FRATERNITE DES POLAIRES

LA FRATERNITE DES POLAIRES : 1929

Il y a, au n° 36 de l'avenue Junot, la Salle de réunion d'une Société Secrète dont l'origine est le moins curieuse.

Un jeune Italien, fils d'un Français à Rome et d'une Italienne, M. Mario Fille, se trouve en vacances, pendant l'été de 1908, à Bagnaia, village du Viterbais, aux environs de Rome. Le hasard de ses promenades lui fit rencontrer un bizarre, nommé " le père Julien ", assez mal de la population parce qu'il n'allait pas à la messe et qui demeurait en pleine montagne, dans une cabane. Intéressé par la conversation du solitaire, il revint le voir fréquemment. Touché de cette sympathie, l'ascète au jeune homme sa gratitude d'une façon : au moment des adieux, il lui fit don de feuillets jaunis par le temps.

- C'est là, lui dit-il, une parcelle du Livre de la Science de la Vie et de la contiennent une méthode divinatoire, à arithmétique. En bref, voici de quoi il quelqu'un est assailli par un doute grave, il devra formuler une question, y penser fortement, la faire suivre de ses nom et prénom et de sa mère, puis effectuer sur les lettres ainsi écrites les longues, très longues opérations par ces feuillets. Mais toi seul, qui as été bon pour moi, dois connaître ce secret jusqu'à ce qu'un ordre te soit donné à son sujet. Si tu le divulgues, ce sera pour toi ou la folie ou la mort. "

Etrange cadeau ! Pendant des années, M. Mario Fille s'abstint d'étudier ce casse-tête. Mais un jour, à l'occasion d'une grande souffrance intime, il se pencha sur le code occulte du père Julien. Au bout de quelques heures de travail arithmétique, il aligna sur le papier une réponse surprenante de précision, illuminée par la plus ineffable bonté et la plus haute spiritualité. Quelques années après, M. Mario Fille, représentant de commerce, se trouvait en Egypte lorsqu' il y fit la connaissance d'un autre Italien, M. A... (Je ne donne pas le nom de ce dernier, parce qu'il s'est retiré de la Société Secrète il y a quelques années. Comme il occupe un poste assez important dans une des principales maisons de machines de bureaux de Paris, une indiscrétion pourrait le gêner vis-à-vis de ses employés.)

M. A..., mis au courant de la méthode, s'enthousiasma. Essais nombreux, réussites parfaites : les réponses aux questions posées étaient frappantes de netteté et de logique.

- Il faut retrouver le père Julien, décida M. A...

Maià l'ermite avait disparu de Bagnaia. On eut enfin l'idée, en 1918, de recourir à la méthode, à l'Oracle de Force Astrale, pour savoir ce qu'il était devenu. A la question posée, le père Julien répondit lui-même, par le jeu des nombres :

qu'il " avait regagné son couvent de l'Himalaya ".

Ainsi donc, cet ermite en haillons, que les villageois de Bagnaia ne connaissaient que sous le nom Campagnard de " Père Julien ", n'était autre qu'un de ces Sages mystérieux qui vivent dans les couvents neigeux ou les grottes du Thibet.

De là-haut, ces hommes - car ce sont des hommes réels, et non des dieux, - ces saints, ces Purs, dont la confrérie s'appelle l'Agartha, ou la Grande Loge Blanche, guident 1'évolution de l'humanité.

Pressé de questions, l'oracle révéla même que quelques-uns de ces Sages, constitués en Centre Esotérique Rosicrucien de l'Himalaya, se proposaient de préparer " l'avènement de l'Esprit sous le signe de la Rose et de la Croix ".

A cette fin, ils voulaient que se constituât à nouveau la vieille Fraternité Polaire, dont les membres furent dispersés, à la fin du XVème siècle, " par la basse spéculation des hommes et par la peur de la véritable lumière ".

Aussi, en1929, les deux détenteurs de l'Oracle reçurent-ils l'ordre suivant :

" Formez le groupe des Polaires et faites-lui parcourir les routes du monde. "

- Mais pourquoi ce nom de Polaires? ai-je demandé à l'un d'eux,

- Parce que, de tout temps, la Montagne Sacrée, c'est-à-dire l'emplacement symbolique des Centres Initiatiques a toujours été qualifiée de " Polaire " par les différentes traditions.

Et il se peut fort bien que cette Montagne ait été réellement " polaire " au sens géographique du mot, puisqu'il est affirmé partout que la Tradition boréale (ou Tradition Primordiale, source de toutes les traditions), eut tout d'abord son siège dans les régions hyperboréennes.

L'Oracle de Force Astrale l'a d'ailleurs lui-même affirmé :

" Les Polaires sont les continuateurs de la Tradition boréale. A travers les siècles, ils se sont divisés en trois branches, qui ont pris trois noms différents. Pendant un certain temps, le vieux tronc a continué à vivre, dédaignant tout pouvoir, toute évolution. Les derniers Polaires Rose + Croix furent obligés de se retirer en Asie. Maintenant, les Polaires se reforment et reviennent sur la scène du monde. " Mais il fallait se dépêcher : " Car les Temps sont proches, dirent encore les Sages, où les Verges de Feu frapperont à nouveau certains pays de la terre, et il faudra alors reconstruire tout ce que la soif de l'or et l'égoïsme de l'homme auront contribué à détruire. "

Les Sages qui ordonnaient ainsi la reconstitution de la Fraternité Polaire firent aussi connaître qu'ils sont au nombre de trois. Ce sont les " Trois Petites Lumières ", Ils sont commandés par le Chevalier Sage, un Occidental, qui s'appelle lui-même " Celui qui attend ", qui a de grands yeux noirs et une robe blanche ornée d'une croix rouge, et qui est Rose + Croix, et Chef suprême des Polaires. Ils vivent " dans des cavernes aménagées en cryptes depuis des siècles" Entre temps, M. Mario Fille et M. A.., étaient venus à Paris, C'est là que devait se constituer la Fraternité. Aguiché par cette extraordinaire histoire, le rédacteur en chef d'un important quotidien du soir expérimenta lui-même la méthode, en présence de plusieurs journalistes et hommes de lettres.

Pourquoi ne pas les nommer? C'étaient M.M. Maurice Magre, M. J. Marquès-Rivière, M. Fernand Divoire, Mme Jeanne Canudo, M. René Guénon, M. Jean Dorsenne, d'autres encore... Chacun y alla de son essai.

L'expérimentation fut concluante. Aussi M. René Guénon accepta-t-il de corriger le manuscrit et les épreuves d'un ouvrage intitulé Asia Mysteriosa, où, sous le pseudonyme de Zam Bhotiva, M. A... exposait la merveilleuse aventure. Il rédigea même une fort belle préface. Mais une brouille étant survenue avant l'impression, - M. René Guénon devait même, plus tard, en février1931, publier dans Le Voile d'Isis un dur Pamphlet contre les Polaires - l'ouvrage parut, chez Dorbon Aîné, avec trois préfaces enthousiastes signées de M.M. Fernand Divoire, Maurice Magre et Marquès-Rivière.

Dans ce petit livre de 136 pages, Zam Bhotiva précise, en insistant, que l'Oracle de Force Astrale n'est pas du tout Kabbalistique. Il est un moyen de télégraphie télépathique, où les nombres servent à transmettre des communications émanant d'êtres qui vivent sur le plan physique et possèdent la sagesse.

- "La méthode est rigoureusement mathématique, me disait quelques années après un des dirigeants de la Fraternité Polaire. Son détenteur, obligé qu'il est de suivre des règles précises et immuables, ne peut, en aucune façon, influer sur le développement des réponses.

- Mais pourquoi, ai-je demandé, le mode d'emploi de cette méthode est-il secret ?

- Parce que celui qui doit entrer en possession de l'Oracle de Force Astrale doit avoir les " rayons rouges ", c'est-à-dire des vibrations, des ondes magnétiques spéciales. Par conséquent, le mode d'emploi de la méthode, même divulgué, ne pourrait être utilisé que par ceux qui possèdent les " vibrations rouges ". En admettant qu'il y ait, de par le monde seulement mille individus aux ondes rouges, il vous est facile de vous rendre compte que Ceux qui répondent auraient tout leur temps pris par ces trop nombreuses communications.

Et vous comprenez aussi quel " brouillage de fils " résulterait des demandes faites en même temps par plusieurs opérateurs.".

Par ce moyen réservé, donc, les " Trois Petites Lumières " et le Chevalier Sage, Commandant suprême des Polaires, purent guider nos deux pionniers.

Le 8 avril 1930, le père Julien annonça par message qu'il allait franchir " les Portes de Lumière ", c'est-à-dire mourir.

Par d'autres messages, Zam Bhotiva et Mario Fille reçurent toutes instructions utiles sur le règlement de la nouvelle Société Secrète, sur ses rites, sur ses buts immédiats et lointains.

Il fut précisé notamment que du groupe des Polaires sortiraient un jour des hommes qui, après avoir passé, au cours des années, par les épreuves nécessaires, seraient initiés par le Rose + Croix, Commandant Suprême, et connaîtraient les secrets des Rose + Croix. Des documents contenant une partie de ces secrets, écrits en langue allemande, se trouvaient enfouis en Palestine; et, le moment venu, le Rose + Croix indiquerait le lieu de leur cachette. En attendant, il fallait assurer le salut de la France, menacée par les " Verges de Feu " et " par les sabots des "Quatre Cavaliers de l'Apocalypse ". A cette fin, il fallait " préparer une Cohorte de Fer pour défendre le Flambeau " ; il fallait " des Frères pour le Grand Combat, et des Frères pour aider à la Grande Reconstruction ".

Pour les premières réunions de ces Frères, le rédacteur en chef d'un journal du matin prêta les locaux de son quotidien, Les Polaires s'y faisaient adresser leur correspondance.

Mais, grâce à des mécènes, le groupe put avoir enfin son local. Dès le 27 août1930, il put recevoir dans un studio du rez-de-chaussée d'un grand immeuble, 36, avenue Junot, Il y a là une salle vaste et haute. Au milieu, une grande table massive. Des sièges de chêne, d'un style archaïque, sont rangés le long des murs, A gauche, près de la porte d'entrée, il y avait, jusqu'à ces derniers temps, sous un dais de bois sculpté, une statue tibétaine magique, une Kwal-Ynn. Mais on s'en est débarrassé, parce qu'elle était devenue prétexte à des déviations de la doctrine. Elle est remplacée maintenant par une innocente mappemonde, qui était autrefois sur la grande table, parmi des livres. A droite, il y a un escalier, qui mène à une petite salle haute, destinée aux initiations.

Que ce local ait été trouvé au n° 36, et dans le XVIIIème arrondissement, c'est un signe de la protection des Sages. Car ces nombres sont des multiples de 3, et même de 9. Or, dans cet Oracle basé sur les nombres, 3 est un chiffre privilégié, et surtout 9, qui est 3 fois 3. Aussi le Groupe fixa-t-il à ce moment-là à 9 francs le montant de la cotisation; à 1 fr., 80 pour la France et à 2 fr. 40 pour l'étranger le prix du numéro de son Bulletin réservé aux Frères et paraissant le 9 de chaque mois (abonnement : 18 fr. (3x6) pour la France, 21 fr. (3x7) pour la Belgique et 24 fr. (3x8) pour l'étranger) ; et à 63, multiple de 9 et d'un autre chiffre sacré, 7, le nombre des membres du Groupe Central. (Je me permets de révéler ici aux adeptes de bonne foi - mais peut-être est-ce très vilain de ma part - que ce Groupe Central n'a pas réalisé rigoureusement cette condition numérique). Ces 63 étaient dirigés par " les Neuf ". Parmi ces derniers, je me borne à mentionner Zam Bhotiva qui prend le nom de Pedro de la Fuente quand il s'occupe d'Inquisition espagnole ; P. G., dont l'âme est artiste; H. M., qui est évêque gnostique, et, dans le monde des lettres, s'appelle, suivant la nature de ses productions, T. Harmonius, Kha - Lux ou Jehan Sylvius; Mlle Fernande Guignard, qui a des tendances christiques; M. P. Odin, ancien Martiniste, féru de Kabbale numérique.

Le personnage le plus influent, contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'était pas M. Mario Fille, Cet homme entre deux âges, petit, rondelet, à la peau claire, aux cheveux châtains, s'effaçait, Il est pourtant un artiste de talent; il a, depuis, composé des mélodies (Chanson d'Espagne, Tourment d'Amour), Le prestige était détenu par Zam Bhotiva. C'était alors un homme d'une cinquantaine d'années, de taille moyenne, brun, râblé, aux cheveux noirs, aux traits accusés, aux yeux profonds et fixes, Mais il fallait - ainsi en décida l'Oracle - un grand-maître de l'Ordre secret, quelqu'un de haut rang.

On eut la chance de tomber sur un chanoine catholique romain, Mgr L... Cet étrange Monseigneur, Camérier secret de Sa Sainteté, Polaire de la première heure, réunissait les Frères chez lui, formait avec eux la " chaîne magique ", ou, un masque sur le visage, interrogeait les Trois Petites Lumières par l'intermédiaire d'un médium en transe,

Mais il était autoritaire, On ne le garda pas, Il a, depuis, poursuivi sa carrière dans l'Eglise romaine. On recourut ensuite à un évêque de l'Eglise gnostique, Il ne demeura pas longtemps non plus, Les espoirs reprirent lorsque l'Oracle eut annoncé qu'un véritable chef descendait de l'Himalaya pour rejoindre le groupe de Paris et se mettre à sa tête. Ce chef s'embarqua en effet sur un paquebot des Messageries, mais, en chemin, changea d'avis... " Une femme, hélas ! " confiait-on à mi-voix, On eut alors le prince You-Kantor, héritier de la Maison Royale du Cambodge. Je ne sais pas son âge exact, mais il paraissait avoir vingt-cinq ans, Seulement, cet auteur du livre " Boniments "versait trop dans la magie, et il était ambitieux, dogmatique : On l'écarta. Le Groupe devait faire une perte encore plus sensible en la personne de son animateur. Inlassable, Zam Bhotiva était toujours sur la brèche. En 1930, il publiait un livre : " La Magie appliquée à l'art du chant ". La préface et le résumé des chapitres lui en avaient été dictés, au moyen de l'Oracle de Force Astrale, " par un grand artiste défunt ayant acquis des mérites durant sa vie terrestre ". En janvier 1931, il était à Londres. Une communication reçue au moyen de la Force Astrale lui avait appris que Frère Arthur Conan Doyle (le créateur de Sherlock Holmes) était apparu aux Sages et leur avait exprimé le désir de s'intéresser au groupe des Polaires. Les 27 janvier, 20 février, 3 et 22 mars 1931, en présence de Lady Conan Doyle, de Mme Caird-Mill, de M. Ivan Cooke, et par le truchement de Mme B. Cooke, médium, que contrôlait son " guide " l'esprit nommé White Eagle (de son vivant chef d'une tribu de Peaux-Rouges), sir Arthur parla :

" L'heure approche où les deux Forces : les rayons bleus et les rayons rouges, entreront en contact ; et alors un grand événement se produira ". Mais rien ne se produisit. Zam Bhotiva, alors, s'occupa d'autre chose. Grâce à l'Oracle, il découvrit la baguette de Pic de la Mirandole. C'est une baguette qui a la propriété singulière de vibrer au voisinage de l'or. Aussi, accompagné d'une dame affiliée à l'Eglise Gnostique et descendante de l'Albigeoise Esclarmonde de Foix, Zam Bhotiva s'en alla fouiller le château de Montségur où cette héroïne du XIIIème siècle avait dissimulé ses trésors avant de mourir martyre des armées de Simon de Montfort, Mais la baguette ne vibra point. Sans se décourager, et la baguette à la main, il s'en alla chercher de l'or en Espagne. Il en ramena, à défaut d'or, un nouvel oracle. Mais, découragé, il quitta le groupe. On ne veut plus y parler de lui, à présent. Le chef actuel du Groupe Polaire de Paris est M. Odin, Il a partiellement écarté les mysticismes personnels, simplifié le rituel ; il a de moins en moins recours à l'Oracle de Force Astrale, et il insiste sur le caractère adogmatique de la Fraternité. Le groupe féminin prend de l'extension. Mlle Fernande Guignard y prêche la bonne parole christique d'amour et de fraternité. Il est normal, paraît-il, que le groupe féminin se développe ainsi. Car, à l'ère du Verseau où nous entrerons dans cent cinquante ans, la Femme accomplira la tâche de Salut universel qui lui est fixée par les Traditions - la tradition gnostique en particulier.

Mais enfin, quel est le but précis de cette Fraternité?

Elle a déjà sauvé la France en 1933-1934 au cours de l'" Année de Feu ". L' " Inconcevable " a bien voulu se servir d'elle, aussi, " pour éviter à l'Humanité dolente la plus épouvantable des catastrophes : "la guerre ". Pour y réussir, tous les membres des divers groupes de Fraternité Polaire ont élevé leur esprit, " afin de collaborer étroitement avec tous les Esprits purs et élevés qui travaillent pour la Paix du Monde ". Ainsi contribuèrent-ils aux accords de Munich.

Tous les jours, les Frères et Sœurs pratiquent la concentration de pensée, à 8 heures, à midi et à 21 heures. Cette " union des pensées polaires " est très importante : elle a une portée considérable pour sauver la Paix.

L'essentiel de la morale Polaire tient dans les " Trois Tables " qui se résument ainsi :

1° Lutter contre l'égoïsme, l'orgueil, l'hypocrisie.

2° Protéger les animaux.

3° Observer les règles de l'hygiène.

Mais à cette Fraternité, dont la morale n'a pas de mystère, on n'accède que par initiation. L'un des membres m'a raconté la sienne. Dans la petite salle du haut, à peine éclairée, aux sons d'une musique enregistrée, il avait comparu devant six membres du Conseil, aux visages masqués de cagoules. Une épée était sur la table. On lui avait posé des questions, on lui avait fait prêter serment à genoux.. Et il m'a montré sa carte d'identité :

HIC ADSUM FRATER TUUS

SUB POLI SIGNO

LUTETIAE MILLESIMO

NONGENTESIMO ET

TRICESIMO ANNO POST J.-C.

C'est-à-dire :

" Celui qui se présente à toi est ton Frère, sous le signe de l'Etoile Polaire ; Paris, 1930

[D'après Pierre GEYRAUD) 

 

13.08.2006

LE CENTRE APOSTOLIQUE

D'après G. DUBOIS

Inauguré le 23 février 1919 autour de MILOSCZ, SCHWALLER. Se réunit jusqu'en 1920 dans un appartement appartenant à Georges LAMY, 5 rue Schoelcher, Paris 14ème.

Membres :

- René BRUYEZ, Président

- Henri "ALVART", vice-président

- Carlos LARRONDE, secrétaire

Sous l'impulsion du Centre Apostolique, la Maison de Balzac (47 rue Raynouard, Paris 16ème) est louée et restaurée grâce à l'armateur Louis ALLAINGUILLAUME. Carlos LARRONDE en devient le conservateur.

SOCIETE THEOSOPHIQUE

Membres supposés ou proches (d'après DUBOIS (Geneviève), René Schwaller de Lubicz et Henri Coton-Alvart, Revue Regard n°2 - août 1997 -, p. 19 à 22.

- Pierre DUJOLS "de Valois" (publie dans "Le Théosophe", revue de la Sté Théosophique)

- Jean-Julien CHAMPAGNE

- Louis ALLAINGUILLAUME (fondateur avec Georges LAMY de la Société Navale Caennaise, devenue aujourd'hui le Groupe Lamy http://iis.domicile.fr/eureca-france/vision.html )

- Georges LAMY

- René SCHWALLER DE LUBISCZ (employé de la société ALLAINGUILLAUME)

- Henri COTON "ALVART"

- Oscar de LUBISZ-MILOSZ (publie dans "L'Affranchi", qui succède au"Théosophe")